Le 35e Régiment d’Artillerie Parachutiste va installer le système antidrone Proteus sur un véhicule léger de type Fardier
par Laurent Lagneau · 12 juillet 2026

Récemment, le Commandement du combat futur de l’armée de Terre [CCFAT] a indiqué qu’il venait de confier à la 11e Brigade Parachutiste [BP] le mandat d’explorer les modalités du combat dans la «très basse couche», ce qui suppose non seulement de mettre en œuvre des drones aériens mais aussi des capacités dédiées à la lutte antidrone [LAD].
«Les enseignements présentés confirment une réalité désormais incontournable : la révolution en cours n’est pas le drone en lui-même, mais l’émergence de la très basse couche comme une dimension décisive du combat moderne», a expliqué le général Bruno Baratz, le commandant du CCFAT. «Du conflit en Ukraine aux tensions dans le détroit d’Ormuz, cet espace s’impose désormais comme celui qui contraint la manœuvre et dont la maîtrise conditionne le succès des opérations futures. Face à la multiplication des crises, l’armée de Terre doit être prête à dominer cet environnement», a-t-il ajouté.
Au sein de la 11e BP, le 35e Régiment d’Artillerie Parachutiste [RAP], implanté à Tarbes, s’est spécialisé dans la lutte antidrone. Pour cela, il dispose du VAB ARLAD [pour adaptation réactive pour la lutte anti-drones], c’est-à dire un véhicule de l’avant blindé doté d’un radar FLIR Systems et d’un lance-grenades automatique de 40 mm, de fusils brouilleurs NEROD ainsi que, depuis septembre 2025, du système Proteus Standard 1.
Ce dernier associe un ancien canon antiaérien de 20 mm à une caméra thermique SANDRA [Système d’arme alternant les visions nocturne et diurne pour la recherche d’aéronefs] ainsi qu’à un ordinateur. Le tout est monté sur un camion TRM 2000, ce qui n’est pas l’idéal pour un régiment parachutiste.
Mais cela va changer avec le Proteus porté au standard 2. Devant intégrer un logiciel de conduite de tir développé avec l’appui de l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense [AMIAD], ce système sera mis en œuvre depuis un nouveau porteur, à savoir le PALADIN [pour Porteur Adapté à la Lutte Anti-Drone Intérimaire], un véhicule aérotransportable développé par Scania à partir du V3P «Vampire». Sept exemplaires, sur les cinquante commandés au profit de l’armée de Terre, doivent être livrés d’ici la fin de cette année.
Cela étant, le 35e RAP a un autre projet : celui d’installer le Proteus standard 2 à bord du fardier RIDER, un véhicule aérolargable. C’est en effet ce qu’avance Terre Mag, le magazine officiel de l’armée de Terre.
«Nous travaillons à l’installation d’un fusil NEROD et d’un Proteus Standard 2 sur un fardier, un véhicule largable, pour obtenir une grande polyvalence dans nos actions», a expliqué l’adjudant-chef Nicolas, du 35e RAP.
Développé par UNAC, le RIDER [Rapide Intervention Droppable Equipment for Raiders] est un véhicule de 2 tonnes, pouvant être largué depuis un avion de transport tactique ou transporté dans la soute d’un hélicoptère de manœuvre NH90 Caïman ou sous élingue par un H225M Caracal. Conçu sans le moindre composant électronique afin d’éviter les pannes en opération, il peut actuellement être armé de deux mitrailleuses de 7,62 mm. Enfin, il est capable de tracter un mortier de 120 mm ou de transporter jusqu’à 400 kg d’équipements grâce à sa remorque.
Selon les explications de Terre Mag, le 35e RAP utilise le VAB Arlad pour détecter la menace dans un rayon de 2,5 km, le fusil brouilleur NEROD pour la fragiliser et le Proteus pour lui «donner le coup de grâce».