Le héros du jour – 23 septembre : Philippe Maine (1830-1893)

Le soldat qui survécut à trois batailles légendaires

Il existe des hommes dont la vie ressemble à un roman d’aventures.

Philippe Maine est l’un d’eux.

Né en 1830 à Mussidan, en Dordogne, ce fils de bottier n’était destiné ni à la gloire ni aux honneurs. Pourtant, il allait participer à trois des batailles les plus célèbres de l’histoire militaire française : Sébastopol, Camerone et Bazeilles.

Ministère des Armées

Un jeune homme qui choisit l’aventure

À vingt ans, Philippe Maine s’engage dans l’armée. Après un premier passage chez les zouaves, il reprend quelque temps le métier de son père, avant de rejoindre les chasseurs à pied.

En 1855, pendant la guerre de Crimée, il participe à la prise de la tour Malakoff, à Sébastopol. Il est blessé au combat et reçoit la Légion d’honneur.

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Il aurait pu se satisfaire de cette distinction exceptionnelle. Mais sa carrière ne fait que commencer.

Camerone : tenir jusqu’au bout

Le 30 avril 1863, au Mexique, une soixantaine de légionnaires commandés par le capitaine Jean Danjou se retrouvent face à des forces mexicaines très supérieures en nombre.

Parmi eux se trouve Philippe Maine, redevenu simple soldat pour rejoindre la Légion étrangère et désormais caporal.

Réfugiés dans une hacienda, les légionnaires résistent pendant des heures. Ils perdent leurs chefs, leurs camarades, leurs munitions. La soif devient insupportable.

À la fin de la journée, seuls quelques hommes sont encore en état de combattre.

Philippe Maine est parmi eux.

Ils tentent une dernière charge à la baïonnette. Maine survit, est capturé, puis libéré quelques mois plus tard.

Ministère des Armées

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Cette bataille, survenue pendant une intervention française visant à établir une monarchie au Mexique, deviendra l’événement fondateur des traditions de la Légion étrangère.

Chemins de mémoire

Bazeilles : une troisième bataille

Sept ans plus tard, Philippe Maine combat de nouveau, cette fois contre les Prussiens.

En 1870, il participe à la bataille de Bazeilles, notamment aux combats de la célèbre Maison de la dernière cartouche.

Fait prisonnier à Sedan, il parvient à s’évader et reprend les armes dans les rangs des francs-tireurs. Il poursuit ensuite sa carrière militaire avant de quitter l’armée en 1878.

Monsieur Légionnaire

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Il meurt en 1893, à Douzillac, en Dordogne.

Ce que son histoire nous apprend aujourd’hui

À l’époque de Philippe Maine, le courage se manifestait notamment sur les champs de bataille.

Aujourd’hui, les défis d’un jeune Français sont évidemment différents.

Mais certaines qualités traversent les siècles : la persévérance, la solidarité, la maîtrise de soi et le sens des responsabilités.

Philippe Maine n’a pas remporté toutes ses batailles. Il a connu les blessures, la captivité et les défaites. Pourtant, il a continué à servir ses camarades et à assumer ses engagements.

Son parcours rappelle aussi qu’il faut distinguer le courage personnel d’un soldat des décisions politiques qui l’envoient combattre.

C’est peut-être là que réside la leçon de son histoire : on ne choisit pas toujours les difficultés que l’on rencontre, mais on peut choisir la manière dont on y répond.

Le courage ne consiste pas à ne jamais tomber. Il consiste à trouver la force de se relever.

🇫🇷 Aujourd’hui, le Cercle Albert Roche rend hommage à Philippe Maine, soldat de Sébastopol, de Camerone et de Bazeilles.