Du Rafale F5 au Super-Rafale, Dassault Aviation présente sa trajectoire pour succéder au SCAF

ParFabrice Wolf

6 juillet 2026

Abandonné par Berlin et Paris, le Système de combat aérien du futur ne structure plus le calendrier français pour l’après‑2045, échéance désormais visée pour remplacer Eurofighter et Rafale. Devant la commission de la Défense du Sénat, Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, n’a laissé transparaître ni fébrilité ni renoncement. Il a tracé, sans la détailler, une trajectoire en continuité du Rafale, articulée autour d’une montée en puissance progressive de la combinaison chasseur habité et vecteurs sans pilote, tout en préservant des marges d’exportation et un socle industriel national.

Lors de cette audition, le dirigeant a confirmé une architecture du Rafale F5 volontairement close afin de protéger les fonctions souveraines, en particulier la mission nucléaire, et de réduire les surfaces d’attaque cyber. Cette option encadre cependant l’intégration rapide de briques logicielles avancées. Elle ne remet pas en cause la feuille de route esquissée, qui s’inscrit dans un continuum Rafale Legacy puis F5 et suivants, avec un vecteur non habité dérivé du démonstrateur nEUROn et un appareil redessiné à plus long terme.

Ce premier jalon se situe entre 2030 et 2035 avec l’arrivée du Rafale F5, dont l’évolution dépasse le simple incrément. Nouvelle motorisation, cellule retravaillée, réseau à haut débit en fibre optique et capacités de traitement accrues doivent soutenir des capteurs modernisés et le tir à distance. Non furtif, le F5 s’appuiera sur un drone de combat pour la pénétration et la désignation. La Loi de programmation militaire 2024‑2030 a par ailleurs annoncé un missile antiradar français inspiré du RJ10 de MBDA, au delà de 500 kilomètres de portée, attendu vers 2035 pour les missions SEAD.