Défense : le président Erdogan réclame la levée des restrictions et l’intégration de la Turquie à la stratégie européenne
À l’approche du sommet de l’OTAN à Ankara, le président turc demande la levée des restrictions sur son industrie de défense et une meilleure inclusion dans les structures européennes
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé lundi « l’intégration » de la Turquie aux structures de défense européennes et la levée des restrictions frappant son industrie, à l’approche d’un sommet de l’OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet.
Le chef de l’État cible notamment le programme SAFE de l’Union européenne, dont la Turquie a été exclue et qui permet à la Commission européenne de lever et distribuer des fonds pour soutenir les capacités industrielles et technologiques de défense des États membres.
Des revendications sur le partage des capacités
« Si nous voulons surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés, nous devons répartir le fardeau de manière juste et équitable entre nos alliés tout en éliminant les obstacles au commerce de l’industrie de défense », a déclaré le président turc lors d’un discours à l’ouverture du sommet parlementaire de l’Otan à Istanbul.
Il a également insisté sur la participation d’Ankara « aux initiatives de défense et de sécurité sur le continent », et sur « l’inclusion de la Turquie » dans ces initiatives.
La Turquie est la deuxième armée de l’Otan en nombre d’hommes et ses industries de défense se situent au 11e rang mondial, avec une croissance de 29,5% de ses exportations sur les cinq premiers mois de l’année, atteignant près de 4 milliards de dollars contre 7 milliards en 2024.
Méfiance de la France et de l’Allemagne
Le président turc fait aussi valoir la participation de son pays aux différentes missions passées de l’Otan, comme l’Afghanistan, et le «contexte» régional. «Si nous voulons surmonter les défis qui nous sont posés, nous devons lever les obstacles au commerce des industries de défense et nous assurer d’un juste partage des responsabilités entre alliés» a-t-il insisté.
Mais Ankara reste confronté à la méfiance de certains pays européens, dont la France et l’Allemagne en raison de ses positions sur Chypre.
Située sur les rives sud de la Mer Noire, la Turquie a joué un rôle décisif aux premières heures de la guerre en Ukraine en fournissant à Kiev les drones de combat qui ont aidé à repousser l’avancée des chars russes.
Outre les drones, la Turquie fabrique des chars, véhicules blindés, munitions et navires de guerre (corvettes, frégates, sous marins…) comme celui livré le 20 juin à la Roumanie – «un pays membre de l’OTAN et de l’Union européenne» a relevé le chef de l’Etat.
Avec de longues frontières partagées avec l’Iran, l’Irak et la Syrie au sud, elle se veut aussi garante de stabilité aux portes du Moyen-Orient.