Héroïne du jour : Alexandra David-Néel

Née en 1868 à Saint-Mandé, Alexandra David-Néel aurait pu mener une vie confortable et parfaitement conventionnelle. Elle choisit exactement l’inverse.

Exploratrice, écrivaine, orientaliste et spécialiste du Tibet, elle part seule pour l’Inde en 1911. Ce voyage qui devait durer quelques mois va finalement la tenir quatorze ans loin de France. Elle apprend notamment le tibétain et le sanskrit et étudie les cultures et religions asiatiques.

Mais son aventure la plus extraordinaire commence lorsqu’elle décide d’atteindre Lhassa, capitale du Tibet, alors pratiquement interdite aux étrangers.

Entrer là où on lui interdit d’aller

Au début des années 1920, les Occidentaux qui tentent de pénétrer au Tibet sont généralement reconduits à la frontière. Alexandra David-Néel décide pourtant de tenter l’impossible avec Aphur Yongden, le jeune lama tibétain qui deviendra son fils adoptif.

Elle se déguise en pèlerine tibétaine, dissimule son identité et traverse à pied des territoires extrêmement difficiles. Le voyage représente des centaines de kilomètres dans l’Himalaya, avec le froid, l’altitude, la faim et le risque permanent d’être découverte.

Elle a alors 55 ans.

En 1924, elle réussit.

Alexandra David-Néel entre clandestinement à Lhassa. Elle y reste incognito pendant environ deux mois et visite notamment le Potala et les monastères environnants. Le musée Guimet rappelle aujourd’hui le caractère exceptionnel de cet exploit.

55 ans et l’Himalaya à pied

C’est peut-être cela qui rend son histoire particulièrement moderne.

Elle n’attend pas que quelqu’un lui dise qu’elle est assez jeune, assez forte ou suffisamment légitime pour essayer.

Elle apprend. Elle prépare. Elle marche.

Et lorsqu’une frontière qu’on disait infranchissable se dresse devant elle, elle cherche comment la franchir.

Ses voyages feront d’elle l’une des grandes spécialistes occidentales du Tibet. Elle écrira de nombreux ouvrages et sera finalement élevée au grade de commandeur de la Légion d’honneur pour sa contribution à la connaissance de l’Asie et au rayonnement culturel français.

Elle mourra en 1969 à 101 ans.

Alexandra David-Néel nous rappelle une chose simple : l’aventure n’est pas réservée aux autres. La première frontière à franchir est souvent celle que l’on s’impose soi-même.