Après trente ans d’arrêt, la France relance sa production de munitions de petit calibre

Par CNEWSPublié le 16/07/2026 à 07:33 – Mis à jour le 16/07/2026 à 07:33

La France produira à nouveau des munitions de petit calibre sur son territoire à partir de 2029, avec l’objectif de renforcer son autonomie industrielle et militaire.

Près de trente ans après l’arrêt de cette activité sur le sol national, la France s’apprête à renouer avec la production de munitions de petit calibre. Le ministère des Armées a annoncé mercredi que la Direction générale de l’armement (DGA) avait retenu le groupement formé par FN Herstal, Cheditte et Nobelsport pour mener à bien ce projet. 

«Le résultat de la compétition européenne lancée par la DGA en avril 2025 conduit à attribuer le marché au groupement composé des sociétés FN Herstal, Cheditte et Nobelsport dont l’offre a été la mieux classée», a indiqué le ministère dans un communiqué. 

Des premières munitions pour 2029

La future unité, dont l’entrée en service est attendue en 2029, fabriquera des munitions de 5,56 mm utilisées par les fusils d’assaut, ainsi que des cartouches de 7,62 mm destinées notamment à certaines mitrailleuses et aux fusils de précision de l’armée française. 

Implanté à Clérieux, dans la Drôme, le site disposera d’une capacité de production de 75 millions de munitions par an. Le projet devrait également générer une vingtaine d’emplois en France.

Dans un premier temps, l’usine assurera le chargement en poudre, l’assemblage et le conditionnement des munitions. «Par la suite, la production nationale pourra être élargie à certains sous-composants (poudres et amorces en particulier)», précise le ministère, qui souhaite aussi «qualifier des sources d’approvisionnement européennes sur l’intégralité de la chaîne de sous-traitance». 

Indépendance militaire

Pour les Armées, «ce projet s’inscrit dans une logique visant à couvrir de façon pérenne à la fois le besoin d’entraînement et la capacité à soutenir un conflit de haute intensité». 

Longtemps repoussée, la relocalisation de cette filière avait été jugée peu pertinente en raison de la disponibilité des approvisionnements sur le marché international et des interrogations sur sa rentabilité. 

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Mais les bouleversements provoqués par la pandémie de Covid-19 puis par la guerre en Ukraine ont conduit les autorités françaises à revoir leur stratégie et à privilégier le retour d’une totale autonomie dans ce domaine jugé sensible.