L’armée de Terre va bientôt récupérer une capacité essentielle avec l’Engin de Bréchage Mécanique de Zone

par Laurent Lagneau · 5 juillet 2026

En mai 2025, ayant la mission d’assurer la mobilité des unités de la 1ère Division [franchissement, déminage, ouverture et rétablissement d’itinéraires], le 19e Régiment du Génie fit savoir qu’il allait bientôt se séparer de ses Engins Blindés du Génie [EBG] grâce à l’arrivée de Véhicules blindés multirôles [VBMR] Griffon dotés de modules propres aux tâches dévolues aux sapeurs et la mise en service des robots SDZ [pour Système de déminage/dépollution de zone].

Développé par l’entreprise CEFA, le SDZ dispose de caméras, d’un système GPS et d’un éventail d’outils, allant de la fraise à la fourche, en passant par la tarière et le godet. D’une masse comprise entre 10 et 12 tonnes, ce robot a été conçu pour déminer de grandes surfaces et créer des brèches dans le dispositif ennemi. Il peut également être utilisé pour réaliser des travaux ou déplacer des engins explosifs dans une zone minée.

Cela étant, les capacités offertes par le SDZ doivent être complétées par celles de l’Engin de Bréchage Mécanique de Zone [EBMZ], lequel fit l’objet d’un appel d’offres de 94 millions d’euros, remporté en novembre 2024 par un groupement d’industriels formé par Bergerat Monnoyeur SAS et Capelle SAS.

Cet EBMZ devait alors se composer d’un bouteur doté d’une cabine blindée, d’une charrue de déminage mécanique, d’un système de marquage / balisage, d’un treuil, d’une remorque tout chemin susceptible de «contenir le bouteur avec sa charrue attachée» et d’un kit de téléopération.

«L’EBMZ doit permettre d’effectuer un bréchage mécanique en zone minée, sous le tir des armes légères, tout en maintenant l’opérateur du système à distance de sécurité [en mode téléopéré]», avait expliqué la Direction générale de l’armement [DGA], dans son avis de marché. Il s’agissait surtout de permettre à l’armée de Terre de retrouver rapidement une capacité essentielle pour ses régiments du génie.

Environ dix-huit mois après la notification du contrat aux industriels, les deux premiers EBMZ vont bientôt faire l’objet d’une évaluation tactico-opérationnelle, l’objectif étant de commencer les livraisons des vingt-six exemplaires commandés d’ici la fin de cette année. C’est en effet ce qu’a annoncé la Section technique de l’armée de Terre [STAT], via le réseau social LinkedIn, cette semaine.

Pour ne pas perdre de temps, la DGA et l’armée de Terre ont fait le choix d’adapter une plateforme éprouvée aux besoins des sapeurs plutôt que de développer un système entièrement nouveau. Avec les industriels, l’une et l’autre ont travaillé «en équipe intégrée, en mode agile», a expliqué la STAT. «Les échanges directs, les évaluations réalisées très tôt sur le terrain et les décisions prises en boucle courte ont permis d’avancer rapidement tout en maintenant un haut niveau d’exigence», a-t-elle ajouté.

L’EBMZ présente quelques innovations. À commencer par sa remorque, laquelle a été conçue pour «charger et décharger» l’engin dans des conditions dégradées. Elle «répond aux contraintes de circulation européennes, facilite le franchissement des infrastructures grâce à plusieurs configurations de hauteur et permet d’acheminer l’engin au plus près de sa zone d’emploi», a détaillé la STAT.

Outre cette remorque, l’ EBMZ repose sur quatre autres éléments «indissociables», à savoir un tracteur à chenilles militarisé, une charrue de bréchage, un système de marquage et une capacité de téléopération.

Pour la STAT, ayant la tâche «d’ouvrir des passages sécurisés à travers les champs de mines pour permettre la progression des unités engagées», l’EBMZ «marque le retour d’une capacité essentielle du génie de combat dans un contexte de haute intensité», a conclu la STAT.