La DGA lance le partenariat d’innovation ELISA pour doter les armées de drones de défense aérienne
par Laurent Lagneau · 10 avril 2026

Ces derniers temps, il est fait grand cas des drones de défense aérienne étant donné qu’ils permettraient d’intercepter des munitions téléopérées [MTO], comme le Shahed iranien, pour un coût modique et éviteraient ainsi de puiser dans les stocks de missiles air-air et surface-air comme c’est trop souvent le cas actuellement. Plusieurs entreprises françaises se sont positionnées sur ce créneau, non sans succès d’ailleurs, comme Asterodyne, Harmattan AI ou encore Alta Ares.
Pour la Direction générale de l’armement [DGA], l’enjeu est de trouver le drone de défense aérienne susceptible de répondre aux besoins exprimés par les forces françaises. Besoins qui, au passage, peuvent être différents au regard des milieux [ou des environnements] dans lesquels elles interviennent. D’où le partenariat d’innovation ELISA [pour Équipement léger d’interception de systèmes autonomes] qu’elle vient de lancer, grâce à une enveloppe de 18,7 millions d’euros.
Pour rappel, défini par l’article L. 2172-3 du Code de la commande publique, un partenariat d’innovation se déroule généralement selon trois étapes. La première consiste à attribuer des contrats de recherche et de développement [R&D] aux industriels qui se sont portés candidats. Les solutions les moins performantes sont éliminées. Celles retenues pour la seconde phase, dite de développement, sont de nouveau mises en concurrence. Enfin, celle qui aura affiché les meilleures performances fera ensuite l’objet d’une commande [phase 3]. Pour rappel, en 2023, la DGA a choisi cette procédure pour le programme « FLPT » [Frappe longue portée terrestre], lequel vise à développer une solution souveraine pour la succession du Lance-roquettes unitaire [LRU].
Le partenariat d’innovation ELISA part du constat que les «matériels de défense contre les drones» mis en œuvre par les forces françaises «ne répondent que partiellement aux menaces actuelles et futures, aussi bien en quantité qu’en coût».
Aussi, souligne la DGA, il s’agit, via cette procédure, «de développer et d’industrialiser des drones aériens intercepteurs de nouvelle génération, capables de contrer les menaces actuelles et futures de type drones ou munitions téléopérées autonomes, et pouvant être mis en œuvre sans moyens lourds».
La DGA compte réunir un maximum de huit industriels pour la première phase d’ELISA. Ils auront à proposer des «systèmes de drones intercepteurs de drones, neutralisant leur cible par percussion ou par charge pyrotechnique embarquée». Ces systèmes devront être en mesure de détruire des appareils «de plus de 100 kg, volant à une vitesse maximum de 600 km/h».
Enfin, précise la DGA, la «quantité visée pour la production des drones est de l’ordre de 1 000 unités pour l’ensemble des partenaires et sur la durée du partenariat». Les candidats éventuels ont jusqu’au 7 mai pour se manifester.
À noter que plusieurs types de drones intercepteurs ont déjà fait l’objet d’évaluations au sein des forces françaises. C’est notamment le cas du Destinus Hornet et du GOBI d’Harmattan AI, ces deux modèles étant actuellement entre les mains du 54e Régiment d’Artillerie, l’unité référence de l’armée de Terre en matière de capacités antiaériennes.