La Brigade «Leclerc» officialise la création de son Groupement commando blindé

par Laurent Lagneau · 4 juillet 2026

En 2021, dans les pas de la 11e Brigade Parachutiste [BP], de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM] et de la 6e Brigade Légère Blindée [BLB], la 7e Brigade Blindée [BB] mit sur pied un Groupement d’aide à l’engagement blindé [GAE-B] pour se doter de la capacité de détecter les mouvements ennemis et faciliter la manœuvre des chars Leclerc en s’emparant des points névralgiques en avant des lignes amies.

Cela supposait de s’appuyer sur les sections d’aide à l’engagement débarqué [SAED] des régiments d’infanterie de la brigade et de mettre l’accent sur le renseignement, les appuis spécialisés [comme l’aide à la mobilité] et le guidage des feux. À l’époque, l’armée de Terre avait précisé que ce GAE-B devait être en mesure d’agir dans une profondeur tactique de 30 km pendant 48 heures tout en étant autonome.

La question était de savoir si la 2e Brigade Blindée, à la structure comparable, allait en faire autant, alors que le 13e Régiment du Génie [RG] avait [et a toujours] la mission de faciliter l’engagement des troupes au contact de l’ennemi.

Finalement, via les réseaux sociaux, en septembre dernier, l’armée de Terre a évoqué le cursus des «futurs opérateurs de groupement commando blindé» [GCB] qui venaient d’être sélectionnés dans les rangs des 2e et 7e BB.

Ils «entament un parcours de formation intense de plus de quatre mois, structuré en deux phases : stage HUET pour l’apprentissage des fondamentaux au camp de Valdahon et spécialisation commando au Centre National d’Entraînement Commando – 1er Régiment de Choc», avait-elle détaillé. Et de préciser que la «résistance au stress, la combativité et la rusticité» étaient les «qualités indispensables pour intégrer ces groupes d’élite, capables de conduire des missions de renseignement, d’infiltration et d’assaut rapide, au profit direct du commandement des brigades blindées».

Quoi qu’il en soit, le Groupement commando blindé de la 2e BB n’avait jusqu’ici pas d’existence officielle au sens strict du terme. C’est désormais chose faite puisqu’il a reçu son fanion lors d’une prise d’armes organisée à la Citadelle de Bitche, le 29 juin.

«Lundi dernier [29/06], à l’occasion d’une cérémonie en haut de la Citadelle de Bitche, le Groupement Commando Blindé s’est vu remettre son fanion par le général de brigade Régis Anthonioz, commandant la 2e brigade blindée. Cette cérémonie marque la création officielle de cette capacité opérationnelle d’exception de la 2ᵉ BB», a en effet annoncé la Brigade «Leclerc», via le réseau social LinkedIn.

«Plus qu’un emblème, ce fanion symbolise l’identité, la cohésion et l’engagement du GCB. Sa remise marque aussi le début des traditions propres au groupement, avec notamment la création du chant des commandos de la 2e BB, qui vient renforcer son esprit de corps», a-t-elle précisé.

Selon les explications de la brigade, la création de ce GCB est une réponse aux exigences des «conflits modernes». Il aura à mener des missions de reconnaissance, de renseignement, de sécurisation et d’extraction «parfois au-delà des lignes ennemies». La complémentarité entre les savoir-faire propres aux commandos et la mobilité des blindés lui permettra d’agir dans des environnements complexes.

«Face à l’évolution des menaces, la réponse militaire doit être flexible, rapide et efficace. L’utilisation conjointe de blindés et de cette unité commando permet d’opérer avec une puissance de feu élevée tout en conservant une grande mobilité, un atout majeur face aux conflits asymétriques et aux terrains complexes», soutient en effet la 2e BB.