Abandon du projet SCAF franco-allemand : Le Royaume‑Uni, l’Italie et le Japon lancent la phase de conception du GCAP, leur avion de combat commun de 6e génération, pour 5,3 milliards d’euros

Le GCAP doit produire un avion de combat de 6e génération. Edgewing
Le programme GCAP accélère avec un contrat stratégique attribué à Edgewing. Objectif affiché maintenir une entrée en service en 2035 pour ce chasseur de nouvelle génération, alors que la rivalité internationale s’intensifie sur fond d’enjeux militaires et technologiques.
Le contrat de 4,6 milliards de livres attribué à Edgewing marque une accélération nette du GCAP et confirme la volonté du Royaume‑Uni, de l’Italie et du Japon de tenir l’objectif d’une entrée en service en 2035 malgré un calendrier et des coûts très contraints.
Un saut industriel pour le GCAP
Le GCAP (Global Combat Air Programme) est le programme de chasseur de sixième génération mené conjointement par le Royaume‑Uni, l’Italie et le Japon, avec une cible opérationnelle fixée à 2035. Le nouveau contrat international, d’un montant de 4,6 milliards de livres (environ 5,3 milliards d’euros), a été signé par l’agence GCAP au nom des trois gouvernements et confié à Edgewing, la coentreprise réunissant BAE Systems, Leonardo et les industriels japonais, indique Opex360. Il doit financer la phase avancée de conception et d’évaluation, puis la conception détaillée de l’appareil, en s’appuyant sur des outils comme l’intelligence artificielle, la robotique, la réalité augmentée et la fabrication additive.
Ce chasseur de sixième génération est présenté comme une plateforme furtive, hyper‑connectée, capable de fonctionner au cœur d’un « système de systèmes » associant drones de combat, capteurs avancés, guerre électronique et réseaux de données sécurisés. Il est appelé à remplacer le Typhoon au Royaume‑Uni et en Italie, ainsi que le F‑2 au Japon, à partir de la seconde moitié des années 2030.
Une gouvernance structurée et des financements sécurisés
La coopération s’appuie sur une organisation intergouvernementale créée en 2023, la GCAP International Government Organisation (GIGO), chargée de piloter le programme pour les trois États. Edgewing, désignée comme maître d’œuvre et « design authority » de l’avion, avait déjà obtenu au printemps un premier contrat international d’environ 800 millions d’euros pour des travaux d’ingénierie, jugé insuffisant par une partie des acteurs japonais pour lever leurs inquiétudes.
La décision de Londres d’inscrire 8,6 milliards de livres sur quatre ans pour le GCAP dans son Defence Investment Plan clarifie désormais la trajectoire financière du projet et sécurise la contribution britannique sur la période 2026‑2030. Cette enveloppe, l’une des plus importantes du plan, couvre les phases de concept et de design du chasseur et s’ajoute aux engagements italiens et japonais, qui voient dans le GCAP un instrument clé de modernisation de leurs forces aériennes.
Rivalité avec le SCAF et course à la sixième génération
L’accélération du GCAP intervient alors que son rival européen, le SCAF (Système de combat aérien du futur), a été abandonné après des désaccords industriels et politiques entre la France etl’Allemagne, laissant l’Espagne sans solution, au risque de prendre du retard dans la course à la sixième génération. Pour Tokyo, disposer d’un avion opérationnel dès 2035 est un enjeu stratégique majeur afin de ne pas se laisser distancer par la Chine, déjà engagée dans des démonstrateurs de nouvelle génération.