Paris trouve un accord avec Berlin sur la gouvernance et la stratégie de KNDS et réduira sa participation à 40 %
par Laurent Lagneau · 22 juin 2026

Créé en 2015 à la faveur du rapprochement entre Nexter Systems et Krauss-Maffei Wegmann, le groupe franco-allemand KNDS, spécialiste de l’armement terrestre, prépare actuellement son introduction en Bourse [IPO], à un moment où les valeurs européennes du secteur de la défense sont plutôt orientées à la baisse, ce qui peut sembler paradoxal au regard de la progression significative des dépenses militaires sur le Vieux Continent.
Pour rappel, le capital de KNDS est détenu à parts égales par l’État français, via Giat Industries, et par la famille Bode-Wegmann. Ayant manifesté l’intention de se désengager du groupe, cette dernière va donc se séparer de ses actions.
Afin de disposer d’une minorité de blocage, Berlin avait initialement envisagé d’acquérir 25,1 % des parts mises en vente par la famille Bode-Wegmann. Seulement, ce niveau était très insuffisant aux yeux de Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense ayant plaidé pour monter jusqu’à 40 %, afin de contenir l’influence française. Finalement, il a eu gain de cause. Du moins provisoirement car, dans un second temps, cette participation devra être réduite à 30 %.
Quoi qu’il en soit, afin de maintenir les équilibres – et sans présager du sort des 20 % du capital devant être mis sur le marché, Paris et Berlin devaient se mettre d’accord sur leurs intentions au sujet de l’avenir de KNDS. Ce qui, quelques jours après le salon EuroSatory 26, vient d’être fait.
«La France et l’Allemagne ont conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, dont elles ont l’intention de devenir coactionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays. L’accord et les transactions seront effectifs sous réserve de leur approbation budgétaire par le Parlement allemand», a en effet annoncé l’Élysée, via un communiqué publié ce 22 juin.
En clair, l’État français va devoir ramener sa participation au capital de KNDS de 50 % à 40 %. Voire à 30 %, quand Berlin décidera de réduire la sienne d’ici quelques années. «Les deux États sont convenus de revoir régulièrement leur niveau de détention actionnariale et son évolution possible», précise en effet l’Élysée.
Grâce à l’entente qu’elles ont trouvée, poursuit le communiqué, la France et l’Allemagne «sécurisent leurs droits à la fois comme actionnaires et comme États souverains» car «ses principes fondateurs sont un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance et une surveillance appropriée des sujets de sécurité». Quoi qu’il en soit, elle ouvre la voie à l’IPO de KNDS.
Toujours selon l’Elysée, l’objectif de Paris et de Berlin est de faire du groupe une «entreprise de défense de premier plan, en Europe et dans le monde, au service des armées française et allemande» en renforçant sa «compétitivité dans l’industrie européenne des systèmes terrestres, en élargissant ses capacités et son offre, en développant des synergies dès que possible et en consolidant la souveraineté industrielle, technologique et militaire française et allemande par une innovation continue».