Naval Group livrera la deuxième FDI grecque la semaine prochaine
Vincent Groizeleau – 21/10/2026

© Pradignac & LéoLe Nearchos à Lorient le 10 octobre.
Conformément au calendrier prévu, le Nearchos, deuxième des quatre frégates de défense et d’intervention (FDI) commandées par la Grèce, sera livré fin octobre à la marine hellénique par le chantier Naval Group de Lorient.
Naval Group a annoncé que la cérémonie de livraison de la deuxième FDI grecque se déroulera le vendredi 30 octobre au chantier de Lorient, où ces bâtiments de combat de nouvelle génération sont construits. Mis à l’eau le 19 septembre 2024, le Nearchos avait débuté ses essais en mer en février dernier et a achevé sa dernière campagne le mois dernier. À l’issue, le bâtiment était entré au bassin n°3 le 24 septembre pour un rapide passage en cale sèche au cours duquel de derniers travaux correctifs et de finition ont été effectués. Il en était ressorti au bout de deux semaines, reprenant la mer le 12 octobre pour une courte navigation de vérification.
Le Nearchos va rejoindre au sein de la flotte hellénique le Kimon, tête de série des quatre FDI HN, dont la livraison par Naval Group est intervenue en décembre 2025. La troisième unité de cette classe (Formion), passée au bassin cet été et qui achève ses essais, doit être réceptionnée par la Grèce dès le mois décembre. Après sa livraison officielle, cette frégate restera quelques mois supplémentaires à Lorient pour finaliser les évolutions prévues dans le cadre du standard FDI HN standard 2. Ce dernier comprend notamment l’intégration au système de direction de combat (CMS) SETIS du système surface-air américain RAM. Ainsi, le Formion ne devrait quitter la Bretagne qu’au printemps 2027 pour rejoindre la Grèce et y retrouver ses deux aînés.
Quant à la quatrième FDI grecque, son assemblage se termine dans la forme de construction de Lorient, d’où la coque sortira au printemps 2027 pour la poursuite de son armement à flot. Son achèvement interviendra en 2028.
D’ici là, la Marine nationale prendra livraison de sa deuxième FDI, l’Amiral Louzeau, qui a été mise à l’eau en mai dernier et ralliera la flotte française fin 2027. Elle rejoindra à Brest l’Amiral Ronarc’h, toute première FDI construite par Naval Group, qui a été livrée en octobre 2025 et sera admise au service actif début 2027. Les trois autres frégates de ce type déjà commandées par la France seront achevées en 2029 (Amiral Castex), 2031 (Amiral Nomy) et 2032 (Amiral Cabanier). Entretemps, Naval Group livrera quatre exemplaires à la Suède, la première (Luleå) en 2030 et les trois autres entre 2032 et 2034.
À ce stade, 13 FDI ont ainsi été vendues à la France, à la Grèce et à la Suède, Naval Group espérant poursuivre ce succès sur d’autres compétitions internationales, à commencer par celle portant sur les futures frégates danoises.
Longues de 121.6 mètres pour une largeur de 17.7 mètres et un déplacement de 4500 tonnes à pleine charge, les FDI, capables d’atteindre la vitesse de 27 nœuds et de franchir 5000 nautiques à 15 nœuds, sont notamment équipées du nouveau radar à panneaux fixes et antenne active Sea Fire, d’un sonar de coque Kingklip Mk2 et d’un sonar remorqué Captas-4. L’armement, variable selon les marines clientes, repose en particulier sur 8 missiles antinavires (Exocet pour la France et la Grèce, RBS15 pour la Suède) et des lanceurs verticaux pour missiles surface-air et missiles de croisière. Concernant ces derniers, deux fosses sont disponibles sur la plage avant. Elles peuvent recevoir chacune deux lanceurs Sylver A50 pour 16 missiles Aster 15 ou Aster 30, ou bien les nouveaux lanceurs à froid (CL) de Naval Group permettant de loger 24 missiles CAMM dans l’emplacement d’un seul Sylver. Les FDI grecques disposent de quatre Sylver A50 avec 32 Aster 30, quand les deux premières unités françaises sont équipées de deux de ces lanceurs pour 16 Aster 15 et Aster 30 (la configuration passera à quatre Sylver A50 à partir de l’Amiral Castex). Les frégates suédoises auront quant à elles trois Sylver A50 pour 24 Aster 30 et un CL pour 24 CAMM.
Selon les besoins des clients, les lanceurs peuvent être panachés à volonté, pour disposer par exemple de 16 Aster et 48 CAMM, ou encore en remplaçant un ou deux Sylver A50 par un ou deux Sylver A70 avec 8 à 16 missiles de croisière naval (MdCN).
En matière de défense à courte portée, les Grecs ont opté pour le système surface-air américain RAM (21 missiles RIM-116), quand les Français travaillent à l’intégration du nouveau lanceur modulaire Rampart de Naval Group (roquettes guidées et missiles à courte portée). Les Suédois, eux, ont choisi un canon de 40 mm, qui s’ajoute à la tourelle principale de 57 mm de leurs frégates, les FDI françaises et grecques disposant quant à elles d’un canon de 76 mm. L’artillerie légère téléopérée est du Narhawl pour les FDI françaises, du Lionfish pour les grecques et sera du Trackfire pour les suédoises.
En matière de torpilles, la France et la Grèce ont choisi la MU90 alors que la Suède a opté pour la Torped 47. Enfin, le hangar peut accueillir un hélicoptère (NH90 ou MH-60R) ainsi qu’un drone aérien (VSR700, Camcopter S-100 ou Skeldar V200).
Pouvant également embarquer des lance-leurres antimissiles fixes ou mobiles, ainsi que des leurres anti-torpilles et des brouilleurs, les FDI peuvent donc déjà adopter de nombreuses configurations. Et il est encore possible de muscler leurs capacités en ajoutant une section de coque d’environ 9 mètres derrière la mâture, afin de disposer d’une zone modulaire avec conteneurs de missions ou armements complémentaires, de plus d’embarcations, de logements et de réserves de combustible.