Qu’est-ce que le 1er RPIMa, cette unité d’élite qui a reçu la visite d’Emmanuel Macron à Bayonne ?
Article de Arthur Chevalier
Le président de la République était ce jeudi 9 juillet en visite surprise sur la base du régiment d’infanterie de marine, le 1er RPIMA de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques). Ce dernier a salué l’ancien aide de camp, en commandement jusqu’à hier.
Un événement hors de l’agenda officiel. Ce jeudi 9 juillet, la citadelle de Vauban, sur les hauteurs de Bayonne, a vibré au son de la cérémonie de changement de commandement du 1er régiment de parachutistes d’infanterie de Marine (RPIMA).
Emmanuel Macron lors de son discours aux armées, le 13 juillet 2025. (Illustration)© LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
À l’honneur, le colonel Cédric Lavisse, qui commandait jusqu’à ce jour. Une cérémonie à laquelle Emmanuel Macron s’est rendu dans le secret pour le saluer, alors que l’agenda présidentiel n’en faisait aucune mention.
Peu connue du grand public, le 1er RPIMa est une unité d’élite dédiée à des opérations secrètes, allant des exfiltrations au renseignement en passant par la neutralisation.
Un commandement étranger
Le RPIMA, c’est aussi un régiment qui fait partie de l’histoire de France. Tout a commencé en 1940, au début de la Seconde Guerre mondiale.
Le général de Gaulle est à Londres, bien décidé à résister aux nazis. Il fonde l’armée de la France libre. Et c’est au sein de cette armée qu’il crée un premier régiment de parachutistes. Ce régiment, c’est l’ancêtre direct du RPIMA.
Son histoire a également la particularité d’être associée à l’armée anglaise, le SAS (Special Air Service) pour s’engager sur le terrain sous commandement étranger. Les premiers faits d’armes de ce régiment les emmèneront combattre les nazis en Afrique, au Proche Orient et en Europe, lorsque certains participeront au Débarquement en juin 1944.
Une fois la Seconde Guerre mondiale terminée, le régiment qui ne s’appelle pas encore RPIMA est déployé en Indochine, allant même jusqu’à participer à une des pires défaites militaires de la France: la bataille de Dien Bien Phu en 1954, opposé aux forces vietnamiennes.
C’est en 1960 que son lieu de garnison devient Bayonne, où s’est rendu Emmanuel Macron ce jeudi, pour devenir le RPIMA que l’on connaît aujourd’hui. Sa devise « Qui ose gagne » est désormais associée à la couleur de son béret, le rouge bordeaux, et certains soldats passés par ce régiment ont été déployés ces 30 dernières années sur les principaux fronts tenus par la France: les Balkans, l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire et bien sûr le Mali.