Jean Silvy (1910 – 1971)

Le combattant qui n’a pas lâché

À 30 ans, Jean Silvy aurait pu attendre que l’orage passe. Mais en 1940, quand la France s’effondre, il fait un choix simple et immense : continuer le combat.

Né à Grenoble, formé chez les chasseurs alpins, il part d’abord en Norvège et se distingue à Narvik par son sang-froid. Puis vient l’heure décisive : au lieu de rentrer dans le rang, il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres.

Avec la colonne Leclerc, il traverse l’Afrique, combat au Fezzan, en Tripolitaine, en Tunisie. À Ksar Rhilane, il part chercher un camarade disparu depuis 36 heures et le ramène blessé sous le feu ennemi. Ce jour-là, l’héroïsme n’a rien d’un slogan : c’est un homme qui refuse d’abandonner un autre homme.

En août 1944, Jean Silvy débarque en Normandie avec la 2e DB. Dans la forêt d’Écouves, il entraîne sa section à l’assaut d’un char ennemi. Un éclat d’obus le frappe grièvement. Il perd une jambe, mais pas sa dignité.

Compagnon de la Libération, décoré cinq fois de la Croix de guerre, Jean Silvy incarne une leçon très actuelle : on ne choisit pas toujours l’époque dans laquelle on vit, mais on choisit ce qu’on défend.

« Tomber n’est pas perdre. Perdre, c’est renoncer. »