Le héros du jour : Jean Danjou, celui qui choisit de tenir

Certaines victoires s’écrivent avec des conquêtes.

D’autres avec des sacrifices.

Le capitaine Jean Danjou appartient à cette seconde catégorie.

Né en 1828, il entre très jeune dans l’armée et rejoint la Légion étrangère. Au cours d’une mission en Algérie, il perd sa main gauche à la suite de l’explosion accidentelle de son arme. Refusant de mettre fin à sa carrière, il se fait fabriquer une main articulée en bois qu’il utilisera jusqu’à la fin de sa vie.

En 1863, la France est engagée au Mexique.

Le 30 avril, un important convoi de ravitaillement doit traverser une région contrôlée par les forces mexicaines. Pour protéger cette mission essentielle, Jean Danjou reçoit une mission simple… et presque impossible.

Avec 65 légionnaires, il doit retenir plusieurs milliers de soldats ennemis.

Avant de partir, il réunit ses hommes.

Il leur fait prêter serment de ne jamais abandonner.

Pendant plus de dix heures, les légionnaires résistent sous une chaleur accablante, sans eau, sans renfort, presque sans munitions.

Jean Danjou est tué dès le début du combat.

Ses hommes continuent.

Lorsque leurs cartouches sont épuisées, ils chargent à la baïonnette.

Les derniers survivants sont encerclés.

Les officiers mexicains, bouleversés par une telle détermination, leur accordent les honneurs de la guerre et les autorisent à conserver leurs armes.

Depuis plus de 160 ans, Camerone est devenue le symbole de la parole donnée, de la fidélité à ses camarades et du courage face à l’impossible.

La célèbre main de bois de Jean Danjou, conservée au musée de la Légion étrangère à Aubagne, est portée chaque année en tête de la cérémonie de Camerone. Elle rappelle qu’un chef montre l’exemple, même lorsque tout semble perdu.

À une époque où l’on cherche souvent le succès immédiat, Jean Danjou nous enseigne une autre leçon.

La grandeur ne se mesure pas au résultat.

Elle se mesure à la fidélité à ses engagements.

Le Cercle Albert Roche est fier de rendre hommage aujourd’hui à cet officier dont le nom demeure, plus de cent soixante ans après Camerone, l’un des plus beaux symboles du courage français.