Énergie et Défense : comment la France se prépare à la guerre de demain
Direction : Ministère des Armées / Publié le : 12 octobre 2026
Alors que les conflits de haute intensité soulignent la dépendance critique des armées aux carburants liquides, le ministère des Armées et des anciens combattants dévoile sa nouvelle stratégie énergétique de défense. Entre renforcement des stocks, intégration de l’électricité sur le champ de bataille et préparation aux défis logistiques, cette feuille de route vise à concilier résilience opérationnelle et transition énergétique pour des forces prêtes à affronter les crises de demain.

Après une première stratégie énergétique de défense (SED) adoptée en 2020 qui visait à préparer le ministère des Armées et des anciens combattants à la transition énergétique en faisant de celle-ci un atout opérationnel, la nouvelle SED à horizon 2030 est actualisée pour inclure l’hypothèse d’un engagement majeur. La stratégie poursuit ainsi un double objectif : garantir sa capacité à surmonter une crise importante ou un engagement de grande ampleur, tout en poursuivant l’intégration des opportunités offertes par la transition énergétique dans l’adaptation de ses infrastructures et de ses équipements.
Un besoin actuel avant tout liquide, accompagné d’une montée en puissance de l’électricité
La consommation des armées repose aujourd’hui sur les carburants fossiles. D’une densité énergétique 10 fois supérieure à celle des batteries lithium-ion, c’est la seule technologie mature pouvant fournir la puissance nécessaire à nos navires, à nos avions et à nos véhicules lourds. En haute intensité, les évènements récents montrent que les besoins en carburant des forces engagées seront nettement supérieurs à ceux des opérations menées par les armées françaises au cours des dernières décennies. L’application de la politique du carburant unique et la robustesse des chaînes de logistique apparaissent ainsi indispensables pour garantir un approvisionnement répondant aux besoins croissants des forces, en tout temps et en tout lieu. Si la longue durée de vie des équipements rend les carburants liquides incontournables à moyen terme, l’inclusion progressive de carburants de synthèse dans le mix augmentera l’autonomie des forces françaises tout en allégeant l’empreinte carbone.
Pour autant, les usages de l’électricité se multiplient sur le champ de bataille. Cette nouvelle dynamique nécessite que le ministère des Armées et des anciens combattants investisse davantage dans le domaine, afin d’identifier les technologies émergentes et suffisamment matures en matière de production, de stockage, de distribution et de gestion de l’énergie électrique. Ces technologies sont indispensables pour répondre aux besoins grandissants des nouveaux systèmes équipant les forces (drones, robots, communications, brouillage, détection, véhicules légers, armes à énergie dirigée…).
Cinq axes d’action
Pour répondre à la double ambition de la SED, le ministère travaille selon 5 axes :
- Garantir aux armées un approvisionnement énergétique éprouvé et résilient
- Cet impératif englobant toute la chaîne de valeur doit être vrai quel que soit le niveau de tension.
- Exemple : augmentation des stocks de carburants et réévaluation de leurs règles d’utilisation.
- Intégrer les impératifs énergétiques dans la planification et la conduite des opérations
- Le choix des modes d’action ne peut être complet sans un volet énergétique.
- Exemple : identification des vulnérabilités exploitables de nos infrastructures énergétiques et élaboration de contre-mesures.
- Renforcer la résilience comme l’autonomie énergétique des emprises militaires, maîtriser leurs consommations et développer les mobilités durables
- La transition énergétique offre des atouts opérationnels à conquérir pour les armées.
- Exemple : électrification de certaines familles de véhicules.
- Intégrer les contraintes et les opportunités énergétiques dans les opérations d’armement
- Une réflexion sur toute la chaine de valeur de l’énergie, de la production à la consommation est prise en compte dans les opérations d’armement, en recherchant l’efficacité énergétique et la réduction de l’empreinte logistique des armées
- Exemple : permettre aux systèmes d’armes d’utiliser des carburants de synthèse.
- Participer activement aux initiatives, comités et groupes de travail nationaux comme internationaux en matière d’énergies pouvant avoir des implications sur la défense
- Exemple : définition de standards OTAN et européens (carburants, batteries…).
- L’exploitation de l’énergie est un sujet qui se traite à une échelle dépassant le Minarm voire la France, d’où le besoin pour des coopérations fructueuses nationales et internationales.
Avec la SED à horizon 2030, le ministère des Armées et des anciens combattants fait de l’énergie un véritable levier stratégique pour garantir l’autonomie et l’efficacité des forces françaises. Entre carburants liquides indispensables, montée en puissance de l’électricité et coopération internationale, cette stratégie trace la voie d’une armée moderne, capable de s’adapter aux enjeux énergétiques des crises futures.