SCAF : La France, l’Allemagne et l’Espagne ont validé la revue de conception initiale d’un effecteur déporté développé par MBDA

par Laurent Lagneau · 10 octobre 2026

Mené par la France, l’Allemagne et l’Espagne, le projet de Système de combat aérien du futur [SCAF] ne se résume pas au développement d’un avion de combat de nouvelle génération [ou NGF, pour New Generation Fighter] et à celui de son moteur. Cet appareil doit [ou devait] être accompagné par des drones et des effecteurs déportés [ou «remote carriers»] au sein d’un «système d’armes du futur», appelé NGWS [pour Next Generation Weapon System], via un «cloud de combat». On parle ainsi de «système de systèmes».

Si l’Allemagne a décidé de se retirer du développement du NGF [entraînant l’Espagne avec elle], le SCAF n’est pas encore totalement abandonné. «Seuls certains travaux réalisés aujourd’hui en coopération, principalement sur le Cloud de Combat, pourraient se poursuivre en coopération entre les deux pays, selon des modalités à définir», précise en effet le Projet annuel de performances [PAP] du programme 146 «Équipement des forces», publié par le ministère du Budget.

En attendant d’y voir plus clair, des travaux portant sur d’autres capacités se poursuivent. Tel est notamment le cas du pilier n° 3 du SCAF qui, dirigé par Airbus Defence & Space, avec MBDA pour principal partenaire, concerne les drones et les effecteurs déportés.

Le 11 juin, peu après l’annonce du retrait allemand du NGF [pilier n° 1], le PDG de MBDA France, Stéphane Reb, avait fait valoir que le pilier n° 3 était «considéré comme un succès». Et d’ajouter : «On a démontré la pertinence de ce concept. Il y aura des suites. Ce ne sont pas des choses que l’on va mettre à la poubelle».

Quatre mois plus tard, l’industriel a fait savoir qu’il venait de franchir un «jalon majeur» avec la validation de la revue de conception initiale du démonstrateur «Remote Carrier Compact» [RC] par la France, l’Allemagne et l’Espagne.

«Ce succès vient confirmer les activités menées par MBDA France et MBDA Deutschland, en collaboration avec leur partenaire espagnol SATNUS, dans le cadre du programme NGWS», a-t-il souligné, via un communiqué diffusé le 6 octobre.

Pour rappel, dans un document publié en 2019, MBDA avait décrit les effecteurs déportés comme étant l’une des capacités devant être au «cœur des systèmes de combat aérien de nouvelle génération européens». À cette occasion, il avait dévoilé deux modèles, à savoir le RC-100 et le RC-200.

Aussi, MBDA n’est pas parti d’une feuille blanche pour mettre au point le démonstrateur de «Remote Carrier Compact», lequel incarne une «nouvelle génération de drone de combat collaboratif agile, polyvalent et à coût réduit», capable d’effectuer des missions d’escorte, de reconnaissance et «d’engagement direct de cibles à haute valeur».

Pour passer l’étape de la revue de conception initiale, MBDA a eu recours à un jumeau numérique de cet effecteur déporté, qui a fait l’objet de «plusieurs maquettes représentatives».

«Ce travail a fait l’objet de nombreux essais au sol incluant des essais sous-systèmes, des maquettes d’intégration et de tenue structurelle ainsi que des essais en soufflerie. En complément, des travaux de simulation ont permis de caractériser le RC, validant ainsi les modèles numériques et une première définition des algorithmes, tout en illustrant les performances dans le cadre de scénarios variés», a expliqué l’industriel.

Cependant, il n’est pas certain que ces travaux puissent se poursuivre : cela dépendra des modalités que le PAP du programme 146 a évoquées.

«Si le cadre initial du programme NGWS arrive à son terme, MBDA reste pleinement mobilisé pour assurer l’avenir opérationnel du Remote Carrier Compact», a conclu l’industriel.

Photo : MBDA