Le sous-marin nucléaire d’attaque HMS Agamemnon quitte enfin le chantier naval de Barrow-in-Furness

Matthias Espérandieu – 25/09/2026


  • © Bae Systems

  • Le HMS Agamemnon lors de ses essais statiques en 2025.
    Officiellement remis à la Royal Navy en septembre 2025, le sous-marin nucléaire d’attaque HMS Agamemnon n’avait toujours pas bougé de son chantier constructeur, le site BAE Systems de Barrow-in-Furness. Le sixième des sept nouveaux SNA britanniques du type Astute a enfin été conduit jeudi 24 septembre à la base navale de Faslane, où il devra entreprendre une longue période d’essais avant d’être opérationnel.
    Treize années, c’est la durée qui s’est écoulée entre la découpe des premières tôles du HMS Agamemnon et son départ du chantier naval de Barrow-in-Furness, au nord de l’Angleterre. C’est un record pour la construction d’un sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) au Royaume-Uni. Et le bâtiment est encore loin d’être opérationnel. Son prédécesseur, le HMS Anson, avait nécessité plus d’un an d’essais en mer avant d’être qualifié d’opérationnel. Le HMS Agamemnon ne devrait pas y échapper et sa vraie mise en service opérationnelle devrait avoir lieu à partir de la fin 2027, soit plus de 14 années après le début de sa construction. Flanqué de plusieurs remorqueurs, le HMS Agamemnon rejoint la base navale de Faslane, en Écosse.
    Il s’agit de l’avant-dernier des sept SNA du type Astute commandés par le Royaume-Uni. Le dernier, le HMS Achilles, n’a pas encore été mis à l’eau. Il devient difficile pour la Royal Navy d’expliquer les retards pris avec la classe Astute. Ceux-ci concernent en effet aussi bien les bâtiments en construction comme le HMS Agamemnon que ceux déjà en service. C’est simple, aucun n’est à l’heure actuelle opérationnel. Cela fait plus de quatre mois qu’aucun SNA britannique n’a pris la mer, posant un grave problème de sécurité nationale et poussant les nations alliées à venir en appui, notamment pour le soutien de la force océanique stratégique britannique composée de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de classe Vanguard qui, eux, continuent à assurer une disponibilité permanente à la mer, même si c’est au prix de patrouilles beaucoup plus longues qu’auparavant. Le média britannique Navy Lookout avance que le HMS Audacious arrive à la fin de sa période de maintenance, laissant supposer qu’il pourrait prochainement reprendre le service laissé vacant par le HMS Anson depuis son retour du Pacifique en milieu d’année.
     






    © Pradignac & Léo
    Le HMS Audacious, en maintenance en juillet dernier à Devonport. Le HMS Astute et le HMS Anson sont amarrés au même quai et le sont encore à l’heure où nous écrivons ces lignes.  
     
    Outre des capacités de maintenance insuffisantes pour les unités déjà en service, les crises du COVID et de l’énergie ont eu un fort impact sur la construction des derniers sous-marins. Il y a également eu un incendie en octobre 2024 au chantier de Barrow qui pourrait, lui, avoir endommagé le futur HMS Achilles, à l’époque dans le hall de construction. Toujours est-il que le retour à une disponibilité plus satisfaisante de la classe Astute est une priorité pour Londres qui doit également donner des gages auprès de l’Australie alors que l’alliance tripartite AUKUS (comprenant également les États-Unis) doit fournir une nouvelle classe de SNA commune à la Royal Navy et à son homologue australienne.
    Les Astute sont longs de 97 mètres et affichent 7 400 tonnes de déplacement en surface. Ils sont armés par 98 marins et peuvent projeter des forces spéciales, avec des logements supplémentaires pour 11 passagers et la possibilité d’installer derrière le kiosque un module SFPB (Special Forces Payload Bay) pouvant accueillir différents équipements, dont un mini-sous-marin. Dotés de six tubes de 533 mm, ces bâtiments sont conçus pour pouvoir embarquer jusqu’à 38 armes, dont des torpilles lourdes Spearfish et des missiles de croisière Tomahawk.