La Bulgarie va recevoir sept chasseurs de mines belges et néerlandais
YANNICK SMALDORE – 31/08/2026

© Jean-Claude BellonneLe chasseur de mines belge Lobelia fait partie des sept bâtiments qui seront transférés en Bulgarie.
Dans les prochains mois, la Bulgarie devrait considérablement renforcer ses capacités de guerre des mines avec la récupération de sept chasseurs de mines du type Tripartite actuellement en cours de retrait au sein des marines belge et néerlandaise. Le Parlement bulgare a définitivement ratifié, le 26 août, les accords encadrant leur transfert. Les bâtiments devraient être cédés gratuitement, Sofia prenant toutefois à sa charge leur remise en condition opérationnelle, pour un montant pouvant atteindre 42 millions d’euros.
Le programme porte sur les quatre derniers chasseurs de mines belges du type Flower, les Bellis (M916), Crocus (M917), Lobelia (M921) et Primula (M924), ainsi que trois unités néerlandaises du type Alkmaar : les Schiedam (M860), Zierikzee (M862) et Willemstad (M864). Ces deux classes constituent les variantes nationales du programme de chasseurs de mines Tripartite (CMT) développé conjointement par la France, la Belgique et les Pays-Bas à partir des années 1970. En Belgique comme aux Pays-Bas, ces navires sont en cours de remplacement par douze nouveaux bâtiments porte-drones de guerre des mines commandés à Naval Group et Exail dans le cadre du programme rMCMC.
La cession des anciens CMT, annoncée il y a déjà un an, comprend également un simulateur destiné à l’entraînement des équipages, des pièces de rechange et différents équipements. La Bulgarie financera pour sa part les travaux nécessaires à la remise en état et au maintien en condition des bâtiments, travaux qui devraient notamment profiter à l’industrie belge et néerlandaise. Un plafond de 6 millions d’euros par unité est prévu, soit jusqu’à 42 millions d’euros répartis sur quatre ans pour l’ensemble de la flotte. Selon le ministre bulgare de la Défense, le premier navire est déjà prêt et pourrait être réceptionné dès septembre.
Une flotte déjà familière des Tripartite
Longs d’un peu plus de 50 mètres pour un déplacement d’environ 600 tonnes à pleine charge, les Tripartite ont été spécialement conçus pour la guerre des mines, avec notamment une coque en matériaux composites destinée à réduire leur signature magnétique. Modernisés à plusieurs reprises au cours de leur carrière, ils disposent de sonars de détection et de classification ainsi que d’engins téléopérés permettant l’identification et la neutralisation des mines.

Pour la marine bulgare, la réception de ces sept unités de seconde main permettra de considérablement renforcer les capacités de guerre des mines nationales, tout en présentant l’avantage de ne pas introduire un nouveau type de bâtiment. En effet, Sofia exploite déjà trois CMT : le Tsibar, ancien Myosotis belge, ainsi que les Mesta et Struma, respectivement ex-Maassluis et ex-Hellevoetsluis néerlandais. Le premier avait été cédé en 2009, et les deux derniers avaient été acquis en 2019 puis admis au service en Bulgarie en 2020.
Les sept nouvelles unités doivent permettre de remplacer progressivement une partie des anciens moyens de guerre des mines encore présents dans la flotte bulgare. Le commandement de la marine a également indiqué que le premier bâtiment transféré serait basé à Bourgas.
Renforcer la guerre des mines en mer Noire
Cette augmentation importante du nombre de chasseurs de mines intervient alors que la guerre en Ukraine a fait réapparaître une menace durable en mer Noire. Depuis 2022, les forces navales bulgares ont dû traiter de nombreux signalements d’objets suspects et plusieurs mines dérivantes ont effectivement atteint les eaux de la région. Le ministre bulgare de la Défense indiquait fin août que sept avaient jusqu’ici été neutralisées par la marine du pays.
La Bulgarie participe également avec la Roumanie et la Turquie au groupe naval de lutte contre les mines constitué par les trois pays riverains de la mer Noire. L’arrivée des anciennes unités belges et néerlandaises doit donc à la fois permettre le renouvellement d’une flotte vieillissante et renforcer directement les moyens disponibles pour sécuriser les approches maritimes bulgares ainsi que les principales routes commerciales de la région.