« Dissuasion avancée »: la Finlande devient le dixième pays européen à rejoindre le parapluie nucléaire de la France

Huit pays avaient été d’emblée associés à la nouvelle doctrine de dissuasion nucléaire française annoncée en mars par Emmanuel Macron: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège et désormais par la Finlande.Deux avions de chasse Rafale de l'Armée de l'Air et de l'Espace française, sur le tarmac de la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France, le 29 janvier 2026, lors de l'exercice TOPAZE 2026.

Deux avions de chasse Rafale de l’Armée de l’Air et de l’Espace française, sur le tarmac de la base aérienne 120 de Cazaux, dans le sud-ouest de la France, le 29 janvier 2026, lors de l’exercice TOPAZE 2026.© Photo par PHILIPPE LOPEZ / AFP

La Finlande a décidé de « rejoindre » la dissuasion nucléaire « avancée » proposée par le président français Emmanuel Macron en mars aux pays européens, ont annoncé ce lundi 14 septembre les deux pays dans une déclaration conjointe.

« Un groupe de pilotage nucléaire sera établi dans les prochains mois pour commencer la mise en œuvre de cette coopération », ont-ils ajouté. Cela porte à dix le nombre de pays européens qui ont rejoint l’initiative française.

Alors que la France est le seul pays européen doté de l’arme atomique avec le Royaume-Uni, cette initiative associe d’autres États européens volontaires à la dissuasion nucléaire française, mais sans aucun partage de la décision ultime qui reste dans les mains du chef de l’État français.

Le président finlandais Alexander Stubb a estimé sur le réseau X que l’initiative française visait « avant tout à renforcer la sécurité européenne » et à « prévenir les escalades », sans se « substituer » à la « dissuasion nucléaire de l’Otan ».

« Pour la Finlande, le cadre prioritaire d’action reste l’Otan et l’Union européenne », a-t-il ajouté, assurant que son pays n’entend pas voir des armes nucléaires stationner « sur son territoire en temps de paix ».

Dix pays sous la protection française

L’annonce a été faite dans le cadre d’un nouveau partenariat stratégique entre la France et la Finlande qui sera signé dans l’après-midi à Helsinki par les deux ministres des Affaires étrangères.

Dans un discours prononcé début mars sur la base stratégique de l’Île Longue, près de Brest, Emmanuel Macron a actualisé la doctrine de dissuasion nucléaire française.

L’idée consiste à projeter la dissuasion française vers les alliés européens, notamment par des exercices conjoints et, potentiellement, des déploiements temporaires d’éléments des forces nucléaires françaises hors de France, tout en maintenant le contrôle national de l’arme.

Huit pays avaient été d’emblée associés à cette nouvelle doctrine: le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède et le Danemark. Ils ont été rejoints en mai par la Norvège.

Partageant une frontière terrestre de 1.340 kilomètres avec la Russie, la Finlande a, comme le reste de l’Europe, renforcé sa posture de défense depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022.

Mettant fin à plusieurs décennies de non-alignement militaire, le pays nordique a rejoint l’Otan en avril 2023. En juin, son parlement a adopté une nouvelle législation levant l’interdiction totale des armes nucléaires dans le pays.