Le héros du jour – 31 octobre

Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne-Corret (1743–1800)

Le premier grenadier de France

Il aurait pu rester chez lui, profiter de sa retraite et laisser les autres se battre. Il a choisi de retourner au combat.

Né à Carhaix, en Bretagne, en 1743, Théophile-Malo Corret de La Tour d’Auvergne embrasse la carrière militaire. Officier courageux, érudit passionné d’histoire et de langues anciennes, il participe aux campagnes de son époque et se distingue par sa bravoure autant que par sa simplicité.

Mais ce qui fait de lui un héros n’est pas seulement son talent militaire. C’est son refus de rechercher les privilèges et les honneurs.

Alors qu’il a dépassé la cinquantaine, il reprend du service comme simple grenadier, au milieu de soldats beaucoup plus jeunes que lui. Il partage leurs marches, leurs fatigues et leurs dangers.

En 1800, Bonaparte lui décerne le titre de « Premier grenadier des armées de la République ». Une distinction extraordinaire pour un homme qui n’a jamais fait de la gloire personnelle son objectif.

Le 27 juin 1800, lors des combats d’Oberhausen, en Bavière, La Tour d’Auvergne est tué au combat. Il a 56 ans.

La France conservera son souvenir. Son nom est inscrit sur l’Arc de triomphe et sa mémoire reste associée à l’idéal du soldat courageux, fidèle à ses camarades et à sa parole.

Son histoire nous rappelle une chose essentielle : le courage n’est pas une question d’âge, de grade ou de célébrité. C’est la capacité de faire ce que l’on estime juste, même lorsque cela exige de prendre des risques.

À une époque où tant de modèles sont mesurés à leur popularité, La Tour d’Auvergne nous en propose un autre : celui d’un homme qui ne cherchait pas à être admiré, mais à être digne de la confiance des autres.

Le véritable héroïsme commence lorsque le devoir compte davantage que le confort.