MOT DU PRESIDENT NUMERO 11

Les événements récents donnent à réfléchir sur de nombreux points mais l’un d’entre eux a retenu particulièrement mon attention ; il s’agit de l’incapacité apparente des forces de l’ordre pour arrêter les individus masqués qui, à chaque manifestation, commettent les plus graves délits et, semble-t-il, en toute impunité : on voit systématiquement des scènes dans lesquelles les forces de l’ordre sont à proximité immédiate des délinquants et n’interviennent pas : elles ne vont pas au » contact »

Or, il est vraisemblable que, d’une manifestation à l’autre, ce sont les mêmes qui sont là et qui reviennent. Pourquoi ? Pourquoi ne sont-ils pas arrêtés et jugés ? Cette question, que tout le monde se pose, n’a jamais eu de réponse officielle convaincante. Peut-être est il utile d’en avancer une ?

Pour mettre un terme aux agissements de ces gens en les arrêtant, il faut engager un combat rude, facteur de risques physiques pour ces gens et pour les forces de l’ordre (mais ceux-là n’intéressent personne), et c’est là qu’intervient le syndrome « Malik Oussekine » du nom de cet étudiant mort des suites d’une intervention policière qui a mal tourné et dont cet étudiant n’avait aucune raison d’être l’objet. Il s’agit donc là d’une erreur policière, déplorable certes mais qui a eu, au-delà de ce décès et de la peine de la famille, des conséquences dans le maintien de l’ordre qui perdurent aujourd’hui, quarante ans après, et empêchent encore l’indispensable fermeté nécessaire à l’empêchement de nuire des casseurs et autres terroristes du pavé. De plus, la lâcheté des hommes de pouvoir, tétanisés par ces souvenirs, empêche toute évolution de la doctrine dans ce domaine.

Que faire pour sortir de cette équation d’impuissance, qui empêche l’Etat d’exercer son pouvoir et d’assurer la paix civile ? Il faut « assumer » officiellement, une fois pour toutes l’erreur commise à cette époque, faire admettre à notre peuple que ce type d’erreur, inadmissible, peut évidemment survenir lors d’émeutes, elles aussi inadmissibles, mais qui ne doivent plus paralyser l’action publique et permettre enfin de faire en sorte que, dans tous les cas « force reste à la loi », force dont l’Etat est le seul utilisateur légitime mais pas coupable lorsqu’il la met en œuvre au service de la paix civile.

Il est donc temps, avant qu’il ne soit trop tard, de tourner la page « Oussekine » et de permettre à l’Etat d’assurer sa première mission, le maintien, en toutes circonstances, de la paix dans nos rues.

Le Président du Cercle Albert Roche

Pierre-Louis Santos.