Ormuz : un porte-conteneurs coule, les attaques contre les navires marchands s’enchaînent
Caroline Britz – 15/10/2026

© Omi
Les Gardiens de la révolution iraniens affirment qu’un porte-conteneurs a sombré mercredi après avoir heurté une mine dans le détroit d’Ormuz. Des sources maritimes évoquent un projectile. L’incident s’ajoute à une série d’attaques visant des navires marchands depuis plusieurs jours.
Un porte-conteneurs a coulé mercredi 14 octobre au sud du détroit d’Ormuz. Selon un communiqué de la marine des Gardiens de la révolution islamique (IRGC), relayé par les médias d’État iraniens, le navire a heurté une mine alors qu’il empruntait une route que Téhéran qualifie de « non autorisée et dangereuse ». L’explosion aurait provoqué un important incendie, à l’origine du naufrage survenu dans la matinée, selon l’agence Mehr. Il avait à son bord plus de 2 500 conteneurs. Les Gardiens ont appelé les pêcheurs à la prudence en raison des conteneurs dérivant en surface.
D’après des sources de sécurité maritime citées par Reuters, il s’agit du GFS Pride, un porte-conteneurs de 2 824 EVP battant pavillon de Singapour et géré depuis les Émirats arabes unis. Ces sources attribuent le naufrage à un projectile. Un responsable américain a également affirmé que l’Iran avait attaqué le navire. L’agence britannique UKMTO a reçu le signalement d’un porte-conteneurs touché par un projectile non identifié près de la sortie du détroit. Aucune information n’a été communiquée sur le sort de l’équipage, et les différentes versions n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Depuis le 9 octobre, les Gardiens de la révolution ont fait état de plusieurs incidents, dont un méthanier touché et deux pétroliers ayant, selon eux, heurté des mines. Mardi, deux autres porte-conteneurs ont subi des dégâts légers après avoir été atteints par des projectiles, selon l’UKMTO. Le trafic s’en ressent : d’après la société d’analyse Kpler, seuls sept navires marchands ont franchi le détroit le 6 octobre, le plus bas niveau depuis fin juillet.
Ce n’est pas la première fois que les versions divergent. Mi-septembre, les Gardiens de la révolution avaient indiqué que l’El Gaia, un pétrolier battant pavillon panaméen, avait pris feu après avoir heurté une mine dans le détroit. Le commandement militaire américain (CENTCOM) avait contesté cette version, affirmant que le navire avait été touché à deux reprises par des armes iraniennes.
Pour mémoire, l’Iran a de nouveau fermé le détroit le 12 juillet, après la reprise des frappes américaines, tandis que Washington impose un blocus naval des ports iraniens.