De modiste à pionnière de l’aviation française
Il existe des vies qui ressemblent à des romans d’aventures. Celle de Maryse Hilsz en fait partie.
Au départ, rien ne la destine à devenir l’une des grandes figures de l’aviation française. Née au début du XXe siècle à Levallois-Perret, elle travaille comme modiste. Mais elle se passionne pour cette invention encore extraordinaire qu’est l’avion.
Elle commence par le parachutisme dans les meetings aériens. Elle effectuera 122 sauts, à une époque où sauter d’un avion n’a évidemment rien de la discipline extrêmement encadrée que nous connaissons aujourd’hui. Elle obtient ensuite son brevet de pilote et se lance dans les grands raids. Musée de l’Air et de l’Espace
Quand le monde devient son terrain de jeu
Maryse Hilsz ne veut pas simplement piloter.
Elle veut aller loin.
Très loin.
Elle réalise notamment Paris-Saïgon, Paris-Madagascar et plusieurs liaisons vers Tokyo. Lors de son raid Paris-Tokyo de 1933, elle atteint Hanoï après avoir parcouru 13 000 kilomètres depuis Paris en seulement cinq jours. Elle poursuit jusqu’à Tokyo, où son arrivée est célébrée par la foule et les autorités japonaises. Musée de l’Air et de l’Espace
Imaginez ce que représentent de tels voyages dans les années 1930 : pas de GPS, pas de satellites météorologiques, des moteurs beaucoup moins fiables et des terrains parfois rudimentaires.
Chaque départ est une aventure.
Toujours plus haut
Elle s’attaque également aux records d’altitude.
9 791 mètres en 1932.
11 265 mètres en 1935.
Puis 14 310 mètres en 1936. Musée de l’Air et de l’Espace
Plus de quatorze kilomètres au-dessus du sol avec la technologie aéronautique des années trente.
Maryse Hilsz devient ainsi l’une des grandes figures françaises des records aériens.
Pilote jusqu’au bout
Après ses exploits civils, elle continue de voler. Après la guerre, elle est affectée au Groupe de liaisons aériennes ministérielles de Villacoublay.
Le 30 janvier 1946, elle effectue une liaison aérienne vers Marignane avec trois passagers. Son appareil est pris dans une tempête près de Bourg-en-Bresse et s’écrase. Il n’y a aucun survivant. Maryse Hilsz meurt en service aérien commandé et reçoit la mention « Morte pour la France ». Service Historique de la Défense
Elle avait consacré sa vie au ciel.
Ce que son histoire peut dire aux jeunes d’aujourd’hui
Le plus extraordinaire chez Maryse Hilsz n’est peut-être même pas un record.
C’est son point de départ.
Une jeune modiste décide un jour qu’elle veut voler. Elle apprend. Elle saute. Elle pilote. Elle traverse des continents. Elle monte à plus de 14 000 mètres.
Son histoire rappelle qu’une origine, un métier ou l’absence de voie toute tracée ne déterminent pas nécessairement la destination.
Les limites les plus intéressantes sont souvent celles qu’on décide d’aller vérifier soi-même.
Maryse Hilsz mérite sa place parmi les grands aventuriers français.

