Drones : la Marine nationale et l’armée de Terre commandent quatre systèmes Capa-X auprès d’Airbus Helicopters
YANNICK SMALDORE – 15/09/2026

© Airbus
La Direction de la maintenance aéronautique (DMAé) a commandé à Airbus Helicopters quatre systèmes de drones tactiques U050 Capa-X, représentant huit appareils au total. Deux systèmes sont destinés à la Marine nationale et deux autres à l’armée de Terre, avec des livraisons prévues à partir de 2027.
Le 10 septembre dernier, la Direction de la maintenance aéronautique (DMAé) a commandé à Airbus Helicopters quatre systèmes de drones tactiques U050 Capa-X, comprenant chacun deux vecteurs aériens. Deux systèmes, soit quatre drones, sont destinés à la Marine nationale et deux autres systèmes à l’armée de Terre. Leur livraison est prévue en 2027 dans le cadre du programme de Système de drone tactique léger (SDTL).
Le fait que cette commande passe par la DMAé, plutôt que par la DGA (Direction Générale de l’Armement), s’inscrit dans une évolution engagée depuis plusieurs années pour accélérer l’acquisition de drones sur étagère. En avril 2024, la DMAé avait notamment notifié, avec le soutien de la DGA, un marché au groupement Survey Copter (aujourd’hui intégré à Airbus Helicopters), EOS Technologie, Delair et Thales afin de permettre aux armées de commander plus rapidement des drones de renseignement et leur soutien associé, sans passer par les procédures de sélection et d’achat de la DGA. Fin 2024, la DMAé a également lancé plusieurs marchés expérimentaux portant sur des drones tactiques de renseignement, afin d’évaluer directement au sein des forces des solutions déjà disponibles ou proches de l’être.
Évaluations sur le terrain
Cette première commande du Capa-X fait ainsi suite à l’évaluation d’un premier système et à une campagne d’essais conduite à terre et en mer avec différentes unités françaises en 2025 et au début de l’année 2026. D’après les informations obtenues par Mer et Marine lors de la visite de l’usine de Pierrelatte, où est assemblé l’engin, quelques exemplaires de pré-série du Capa-X ont servi à une campagne de qualification auprès de la DGA-TT (Techniques terrestres), qui s’était terminée à Bourges au printemps, tandis que d’autres avaient été livrés aux mains du CEPA/10S, pour les expérimentations depuis la base d’aéronautique navale de Hyères, et à bord de navires de la Marine nationale
Selon Airbus Helicopters, l’appareil a notamment démontré lors de ces évaluations une endurance de 7 heures avec deux charges utiles distinctes, ainsi qu’une portée opérationnelle de 100 kilomètres. L’ensemble d’un système peut par ailleurs être transporté sur deux véhicules de type pick-up, et être aisément embarqué dans un navire grâce à son intégration à des caisses de transport optimisées.
Développé à partir de 2023 par Survey Copter, filiale d’Airbus installée dans la Drôme, le Capa-X est un drone de 120 kg dont la configuration peut être adaptée en fonction de la mission. Il peut recevoir différentes voilures et être employé aussi bien avec un décollage conventionnel qu’en configuration VTOL, permettant des décollages et atterrissages verticaux, particulièrement intéressants pour un usage naval et terrestre tactique.
Son endurance maximale annoncée dépasse 10 heures et sa capacité d’emport les 20 kg, même si ses performances exactes dépendent bien évidemment de la configuration (VTOL ou non) employée et de la masse de la charge utile. Lorsqu’il emporte sa charge utile maximale, l’autonomie de l’engin reste d’environ 5 heures. La liaison directe avec sa station de contrôle autorise une utilisation jusqu’à une centaine de kilomètres. Cette modularité doit permettre d’adapter rapidement la plateforme aux missions demandées et aux contraintes de déploiement des différentes armées.

Un appareil nativement multirôle
Dans sa configuration de base, proposée par Airbus et testée par les armées françaises, le Capa-X dispose d’une boule optronique destinée au renseignement d’origine image (ROIM), ainsi que d’une capacité de renseignement d’origine électromagnétique (ROEM). Le ministère des Armées mentionne notamment des charges utiles permettant l’interception de signaux dans les bandes VHF et UHF ainsi que de communications 3GPP. L’architecture modulaire de l’appareil doit permettre d’intégrer ultérieurement d’autres équipements en fonction des besoins des forces, comme un capteur R-ESM, une antenne radar, des relais radio, etc. D’après Christophe Canguilhem, président directeur général de Survey Copter, « la capacité d’emport cargo du Capa-X suscite également beaucoup d’intérêt ». Victor Gerin-Roze, directeur des programmes drones d’Airbus Helicopters, rencontré au printemps dernier, nous expliquait en effet que, « au-delà des missions de surveillance ou de renseignement, la capacité d’emport du Capa-X ouvre la possibilité de l’utiliser pour le transport de cargo, par exemple de bateau à bateau, ou d’un navire vers la terre ».
Pour la Marine nationale, le Capa-X constituera en tous cas une catégorie de drone nettement plus lourde que l’Aliaca déjà employé comme Système de mini-drones aériens embarqués pour la Marine (SMDM). Airbus ne précise toutefois pas encore à quelles unités ou plateformes seront affectés les deux systèmes commandés pour la flotte française.