L’Allemagne veut se doter d’un quatrième bâtiment de renseignement de nouvelle génération

Vincent Groizeleau 

© NvlVue des futurs bâtiments de renseignement allemands du type 424.

Berlin souhaite renforcer sensiblement ses capacités navales de renseignement d’origine électromagnétique. Le programme de futurs navires de la marine allemande dédiés à cette fonction devrait ainsi passer de trois à quatre unités.

Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a indiqué le 14 septembre travailler sur l’acquisition d’une quatrième unité du type 424. Ce programme à plus de 3 milliards d’euros, lancé en 2021, a été confié à NVL, l’ex-filiale du groupe Lürssen dédiée au naval militaire dont le rachat par Rheinmetall a été finalisé début 2026. Il vise à assurer la succession des trois unités du type 423 de la marine allemande (Alster, Oste et Oker) de 83.5 mètres et 3200 tpc entrées en flotte en 1988 et 1989.

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Le Oker, du type 423. 

La fabrication de la tête de série a débuté fin 2024 en vue d’une livraison désormais prévue en 2029. Ses deux jumeaux, dont la construction a débuté (le troisième a justement été mis sur cale ce 14 septembre) doivent suivre en 2030 et 2031. Trois chantiers navals du groupe NVL sont impliqués : celui de Brême, Peene Werft à Wolgast et Blohm + Voss à Hambourg. 

Les bâtiments du type 424 mesureront 132 mètres de long et devraient afficher un déplacement de plus de 3500 tonnes à pleine charge. Ils seront armés par un équipage d’une cinquantaine de marins et pourront accueillir un nombre équivalent de techniciens et spécialistes du renseignement. Ils seront dotés de puissants capteurs permettant d’analyser les émissions électromagnétiques, en particulier les radars, ainsi que les télécommunications. 

Les discussions en vue de la commande d’une quatrième unité vont se poursuivre entre Rheinmetall et le ministère allemand de la Défense, la commande devant recevoir l’aval du Bundestag. Si elle se confirme, l’Allemagne disposera de la plus importante capacité navale d’Europe en matière de collecte et d’analyse de renseignements d’origine électromagnétique. 

À titre de comparaison, la France ne compte qu’un seul bâtiment de ce type, le Dupuy de Lôme, mis en service en 2006 et dont le remplacement est envisagé au cours de la prochaine décennie. La construction à l’horizon 2030 d’un bâtiment de surveillance et de renseignement léger (BSRL) complémentaire, qui avait été envisagée il y a quelques années, a été abandonnée pour des questions budgétaires.