Détroit d’Ormuz : le chimiquier El Gaia visé, un incendie et deux marins portés disparus

© Centre De Securite Omanais
Le Centre de sécurité maritime omanais a confirmé mardi 15 septembre une opération de recherche et de sauvetage pour l’équipage du chimiquier El Gaia, deux marins restant portés disparus. Iran et États-Unis livrent des versions opposées de l’incident.
Le chimiquier El Gaia, battant pavillon panaméen, a été touché au large des côtes d’Oman selon le Centre de sécurité maritime omanais, qui en a fait état mardi 15 septembre. Vingt-trois membres d’équipage ont été secourus et deux restent portés disparus, tandis que l’origine exacte des dommages liés à cet évènement, une attaque revendiquée par l’Iran et contestée par les États-Unis, demeure disputée.
Selon le Centre de sécurité maritime, le navire se trouvait au large des côtes omanaises lorsqu’il a été touché. UK Maritime Trade Operations (UKMTO) situe l’événement soit en fin de journée le 12 septembre, soit tôt le 13 septembre, faisant état d’un appel de détresse suivi de signalements d’un incendie en salle des machines et d’une évacuation.
L’El Gaia, chimiquier de 180 mètres de long et 48.000 tonnes de port en lourd construit en 2005, est immatriculé au Panama et géré depuis les Émirats arabes unis. Selon le Centre omanais, 23 membres d’équipage ont été récupérés et pris en charge médicalement, tandis que deux autres marins sont portés disparus. Le navire, hors service, a été pris en remorque pour être conduit vers un port omanais. Le ministère indien des Affaires étrangères a confirmé la présence de 14 marins indiens à bord, dont un reste porté disparu.
Les versions divergent sur l’origine des dommages. Selon un communiqué de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC), relayé lundi par les médias d’État iraniens, l’El Gaia aurait tenté de traverser une zone que l’Iran qualifie de réglementée au sud du détroit d’Ormuz et aurait heurté des mines marines. L’IRGC affirme que la lutte contre l’incendie a échoué et que le navire s’est intégralement embrasé. Le Centre omanais indique au contraire que l’incendie en salle des machines a été éteint après l’attaque.
Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) conteste la version iranienne. Selon lui, l’El Gaia aurait été touché par un missile iranien le mois précédent, le rendant inopérant, puis visé une seconde fois par une frappe de drone alors qu’il se trouvait au mouillage au large d’Oman.
Aucune source indépendante n’a pu à ce stade confirmer l’une ou l’autre version des faits. Les autorités américaines avaient annoncé à plusieurs reprises avoir déminé l’intégralité du détroit d’Ormuz, tout en indiquant avoir mené récemment des frappes destinées à empêcher l’Iran d’y déployer de nouvelles mines.