La Suède précise la configuration de ses quatre futures frégates de défense et d’intervention
par Laurent Lagneau · 1 septembre 2026

Le 31 août, seulement trois mois et demi après en avoir exprimé l’intention dans le cadre de son programme «Luleå», la Suède a confirmé la commande de quatre Frégates de défense et d’intervention [FDI] auprès de Naval Group, pour un montant de 4,3 milliards d’euros.
Lors de l’annonce de son choix en faveur de la frégate française, le ministère suédois de la Défense avait indiqué que Saab et Bofors seraient impliqués dans le programme Luleå, sans préciser les équipements et les armes que ces deux industriels allaient devoir fournir.
Dans les grandes lignes, conçu selon une architecture numériques organisé en «data centers», la FDI [ou classe «Amiral Ronarc’h»] est dotée d’un radar à antennes actives [AESA] Seafire, d’un sonar de coque KingKlip Mk2, d’un sonar remorqué CAPTAS-4, de la suite de guerre électronique «SENTINEL», et du système de communications navales «Aquilon».
Son armement repose sur une tourelle de 76 mm, deux canons téléopérés de 20 mm «Narwhal», des missiles surface-air ASTER 30 et ASTER 15 mis en œuvre par un système de lancement vertical Sylver A50, des missiles antinavires Exocet et des torpilles MU-90. Il a été prévu de lui permettre d’emporter des Missiles de croisière navals [MdCN], sous réserve de l’équiper avec des Sylver A70. Cette option n’a pas été retenue par la Suède. Du moins pour le moment car cela pourrait changer à l’avenir, comme l’a laissé entendre le président Macron lors de la signature du contrat.
Cela étant, selon des précisions livrées par l’Administration suédoise du matériel de défense [Försvarets materielverk – FMV], les frégates «Luleå» seront équipés d’un tourelle de 57 mm Bofors à la place de celle de 76 mm ainsi que d’un canon de 40 mm. En outre, la station d’armes téléopérées «Trackfire» remplacera les deux canons de 20 mm «Narwhal». De même que les missiles antinavires RBS15 et les torpilles Torped 47 se substitueront respectivement aux Exocet et aux MU90. En outre, la marine suédoise a préféré le missile surface-air CAMM-ER [40 km de portée, ndlr] à l’ASTER 15.
Enfin, les frégates suédoises disposeront d’un radar supplémentaire, en l’occurrence le Sea Giraffe. Optimisé pour les missions menées dans les zones littorales, il s’agit d’un radar 3D AESA fonctionnant en bande X. Offrant des capacités «complètes» de contre-mesures électroniques [ECCM], il constitue le «choix idéal pour les forces navales, garde-côtes et les opérations amphibies», souligne Saab.
«La défense aérienne et la lutte anti-sous-marine constituent deux capacités essentielles pour ces nouvelles frégates. Naval Group assure l’intégration des systèmes, ce qui garantit que les navires sont livrés prêts à être mis en service», a précisé la FMV.
La première FDI suédoise, appelée «HMS Luleå», sera livrée à la marine royale suédoise en 2030. Suivront ensuite les HMS Norrköping [en 2032], HMS Trelleborg [en 2033] et HMS Halmstad [en 2034].
Dans une tribune publiée par le Svenska Dagbladet, le chef d’état-major de la marine suédoise, l’amiral Johan Norlén, a justifié l’achat de ces quatre frégates.
«Depuis l’adhésion à l’Otan, la mission de la marine suédoise a radicalement changé. D’une simple défense du pays face à une agression, elle assurera désormais le contrôle opérationnel de la mer Baltique et de ses estuaires. Elle garantira ainsi l’accès des navires importants à la Suède et à ses alliés, comme la Finlande et les pays baltes. Il s’agit d’un changement d’ambition considérable», a-t-il ainsi soutenu, avant d’évoquer la possibilité de doter les frégates de la classe Luleå de drones.
«Pour relever le nouveau défi de la protection de la région de la mer Baltique, de manière durable et quelles que soient les conditions météorologiques, une solution novatrice s’impose. Les frégates, équipées de drones, constituent un élément essentiel de cette solution», a en effet estimé l’amiral Norlén.
Et d’insister : «Les drones représentent l’avenir et, à l’heure actuelle, une combinaison de navires habités et de drones est nécessaire pour faire face aux menaces en mer. Dans ce contexte, les frégates constitueront un atout majeur pour la construction de la marine de demain».