Maurice Noguès (1889-1934)
Celui qui traça des routes dans le ciel
À 20 ans, Maurice Noguès échange sa voiture contre un avion.
Nous sommes en 1909. Les avions sont encore des assemblages de bois, de toile et de câbles. Lors de ses premiers essais, il frôle la mort.
Il continue.
Quelques années plus tard, déclaré trop fragile pour l’armée à cause de son cœur, il s’engage pourtant volontairement lorsque la Première Guerre mondiale éclate.
Il devient pilote militaire, participe aux premiers bombardements de nuit et commande une escadrille. Un accident le laisse grièvement blessé.
Il repart.
Après la guerre, Noguès ne cherche pas seulement à battre des records. Il veut faire de l’avion un moyen de transport capable de rapprocher les hommes.
À une époque sans GPS, sans radar moderne et avec des prévisions météo rudimentaires, il ouvre des routes aériennes vers l’Europe centrale, le Moyen-Orient puis l’Asie.
En 1931, il inaugure le premier service postal aérien régulier entre la France et l’Indochine.
Deux ans plus tard, lorsque naît Air France, Maurice Noguès en devient directeur général adjoint chargé de l’exploitation.
Mais il continue de voler.
Le 15 janvier 1934, il revient d’un voyage jusqu’à Saïgon à bord du prototype Émeraude. Pris dans des conditions météorologiques terribles au-dessus du Morvan, l’appareil s’écrase près de Corbigny. Il a 44 ans.
Maurice Noguès appartient à cette génération qui n’attendait pas que la technologie soit parfaite pour construire l’avenir.
Elle essayait. Elle échouait. Elle recommençait.
Nos avions traversent aujourd’hui le monde en quelques heures parce que des hommes comme lui ont d’abord accepté de partir vers l’inconnu.
Le courage, ce n’est pas ignorer le risque. C’est décider que quelque chose mérite de le prendre.

