Héros du jour – 2 septembre : Jean-Marie Guibert, 23 ans face à dix avions

Il avait 23 ans.

Le 2 septembre 1918, au-dessus de l’Aisne, le lieutenant Jean-Marie Guibert monte dans un Breguet XIV avec le capitaine Marie-Henri Lamasse. Leur mission va tourner au combat presque impossible : leur appareil est surpris par une dizaine d’avions ennemis. Ils engagent pourtant le combat. Leur avion sera finalement abattu près de Chavigny, aux environs de Soissons.

De la Martinique au ciel de France

Jean-Marie Guibert naît le 9 avril 1895 à La Trinité, en Martinique. Après ses études à Fort-de-France, il part pour Paris et s’engage dans l’armée en avril 1913. Il vient d’avoir 18 ans.

Quand éclate la Première Guerre mondiale, il est artilleur. Mais Guibert veut aller plus loin. Il se forme et devient observateur aérien en 1917.

Il faut comprendre ce que cela signifie à l’époque. Dans ces appareils ouverts, l’observateur doit repérer les positions ennemies, guider l’artillerie et défendre l’avion avec ses mitrailleuses. Pas de radar. Pas d’électronique. Quelques instruments, une carte, un moteur et, autour de vous, le vide.

En septembre 1917, Guibert poursuit ainsi une mission de réglage d’artillerie après la tombée de la nuit. Son avion s’écrase à l’atterrissage et il est blessé. Cela lui vaut sa troisième citation. Il repart pourtant en mission. Le 28 juin 1918, avec le lieutenant Pellerin, il participe à la destruction d’un avion ennemi.

Le dernier combat

Puis vient le 2 septembre 1918.

Guibert vole avec le capitaine Lamasse lorsque leur Breguet est attaqué par une formation très supérieure en nombre.

Ils combattent.

Le ministère des Armées résume sobrement la fin : l’équipage « livre bataille et succombe sous le nombre ». L’appareil s’écrase à Chavigny.

Guibert recevra une cinquième citation à titre posthume et sera fait chevalier de la Légion d’honneur. Son corps sera finalement ramené en Martinique, où il sera inhumé au Carbet en 1922.

Pourquoi raconter son histoire aujourd’hui ?

Parce que le courage n’est pas l’absence de peur.

C’est continuer à faire ce que l’on pense devoir faire quand toutes les bonnes raisons de renoncer sont devant soi.

Jean-Marie Guibert avait quitté son île à 18 ans. À 23 ans, il avait déjà été blessé, cité à plusieurs reprises et était retourné voler.

Son nom est aujourd’hui presque oublié.

Il mérite mieux.

Le 2 septembre, le Cercle Albert Roche rend hommage au lieutenant Jean-Marie Guibert, mort pour la France à 23 ans.