Avec le système DRAKAR, l’armée de Terre renforce la sécurité de ses blindés de commandement

par Laurent Lagneau · 30 août 2026

Dans une note publiée l’an passé, le Commandement du combat futur de l’armée de Terre [CCFAT] avait expliqué que le poste de commandement [PC] de type «camp de toile» n’avait plus lieu d’être car il ne répondait plus aux exigences de la plupart des scénarios d’engagement, étant donné que, de par sa nature, il ne peut que constituer une cible prioritaire pour l’adversaire.

Aussi, avait estimé le CCFAT, le «commandement embarqué depuis des véhicules blindés paraît indispensable dans certaines phases du combat» jusqu’au niveau d’une brigade.

D’où l’intérêt de la «mise en grappe» de plusieurs blindés en version «PC», via fibre optique, afin de permettre à l’état-major d’un régiment de partager les ordres d’opérations et la situation tactique sur terrain avec celui d’un groupement tactique interarmes.

Un tel dispositif avait d’ailleurs fait l’objet d’une évaluation technico-opérationnelle menée par la Section technique de l’armée de Terre [STAT], avec des véhicules blindés multirôles légers [VBMR-L] Serval PC NIV 4/5 du 3e Régiment de Parachutistes d’Infanterie de Marine [RPIMa].

Relier des blindés de commandement avec la fibre optique permet de gagner en discrétion et d’éviter l’interception et/ou le brouillage des communications.

Seulement, la «mise en grappe» des Engins Poste de Commandement [EPC] n’est pas sans danger : il suffit que ces derniers soient repérés, par exemple, par un drone, pour qu’ils finissent par être visés par l’adversaire. Pour réduire un tel risque, l’armée de Terre compte sur le système DRAKAR, développé grâce au processus d’innovation participative mis en place par l’Agence de l’innovation de défense [AID] et la STAT, avec le concours de l’entreprise ASIC SYSTEMS, spécialiste des systèmes mécatroniques embarqués.

Concrètement, DRAKAR [pour dégrappage rapide – kit d’adaptation réactif] facilite la mise en grappe rapide des «véhicules dédiés à la planification et à la conduite des opérations des groupements tactiques» tout en permettant à ces derniers de «rompre» instantanément leurs liaisons physiques pour qu’ils puissent se disperser et réduire ainsi leur exposition en cas d’attaque par l’artillerie ou par des drones.

En outre, précise la STAT, «l’accès à l’ensemble des fonctions du système d’information du combat SCORPION [SICS] et l’utilisation de l’interphonie sont possibles de manière transparente pour les opérateurs embarqués».

Même si le système DRAKAR a fait la preuve de son efficacité lors de l’exercice Orion 26, avec l’apparition de « nouveaux usages opérationnels », son développement se poursuit, notamment avec l’appui du 35e Régiment d’Infanterie et celui du 121e Régiment du Train et grâce au soutien du CCFAT.