Le héros du jour – 29 août

Eugène Lefebvre (1878 – 1909)

Il volait à une époque où tomber était encore une possibilité très réelle

Aujourd’hui, prendre l’avion est banal. En 1909, monter dans un avion était une autre histoire.

Les machines étaient faites de bois, de toile et de câbles. L’aviation avait à peine quelques années. Il n’y avait ni ordinateur de bord, ni siège éjectable, ni parachute fiable pour sauver le pilote.

Et pourtant, des hommes montaient à bord.

Eugène Lefebvre était l’un d’eux.

Né à Corbie, en Picardie, en 1878, il devient ingénieur avant de se passionner pour cette invention incroyable qui commence tout juste à conquérir le ciel : l’aéroplane.

En 1909, il pilote les appareils des frères Wright en France et participe à la Grande Semaine d’aviation de la Champagne, à Reims, l’un des premiers grands rassemblements aéronautiques internationaux.

À cette époque, chaque vol est encore une expérience.

Il faut apprendre à piloter des machines que personne, quelques années auparavant, ne savait construire.

Il faut comprendre leurs réactions.

Tester leurs limites.

Et parfois risquer sa vie pour découvrir où elles se trouvent.

Le 7 septembre 1909, Eugène Lefebvre décolle du terrain de Port-Aviation, près de Juvisy-sur-Orge, pour un vol d’essai.

Son appareil chute.

Eugène Lefebvre est tué.

Il entre tragiquement dans l’Histoire comme le premier pilote à mourir aux commandes d’un avion à moteur.

Il avait 30 ans.

Il serait facile, aujourd’hui, de considérer ces hommes comme des casse-cou.

Ce serait oublier quelque chose d’essentiel.

Avant que la technologie devienne sûre, il faut toujours que quelqu’un accepte de tester ce qui ne l’est pas encore.

Les avions qui transportent aujourd’hui des millions de personnes sont les descendants des machines fragiles qu’essayaient Lefebvre et les autres pionniers de l’aviation.

Ils n’avaient pas de GPS.

Pas de simulateurs numériques.

Pas des décennies de statistiques de sécurité derrière eux.

Ils avaient leurs connaissances, leur machine et leur courage.

Eugène Lefebvre appartient à cette génération qui a payé parfois de sa vie le droit pour les générations suivantes de considérer le ciel comme une route.

Il y a un peu plus d’un siècle, voler était encore un acte de courage.

« Les grandes aventures commencent souvent lorsque quelqu’un accepte d’essayer ce que personne ne sait encore faire. »