L’homme qui monta là où personne n’était encore arrivé
Aujourd’hui, des milliers d’alpinistes tentent chaque année l’ascension du mont Blanc.
En 1786, personne n’en connaît encore le chemin.
La montagne est immense, dangereuse et presque mystérieuse.
Pas de cartes précises.
Pas de refuge.
Pas de corde moderne.
Pas de crampons.
Pas de piolet.
Et évidemment aucun téléphone permettant d’appeler les secours.
Il faut essayer.
Jacques Balmat a 24 ans.
Il est paysan, chasseur de chamois et cristallier dans la vallée de Chamonix. Depuis son enfance, il parcourt les glaciers et les montagnes à la recherche de cristaux.
Plusieurs hommes ont déjà essayé d’atteindre le sommet du mont Blanc.
Tous ont échoué.
Balmat essaie lui aussi.
Il bivouaque seul dans la montagne, observe les glaciers, cherche les passages et recommence.
Puis il comprend qu’une voie est peut-être possible.
Le 7 août 1786, il repart avec le médecin Michel-Gabriel Paccard.
Les deux hommes marchent toute la nuit puis toute la journée suivante.
Ils franchissent glaciers, crevasses et pentes de neige.
Le 8 août, vers la fin de l’après-midi, ils arrivent enfin au sommet.
Pour la première fois, deux hommes se tiennent sur le toit de l’Europe occidentale.
Paccard utilise ses instruments scientifiques.
Balmat regarde autour de lui.
Puis il faut redescendre.
La fatigue est immense. Paccard souffre des yeux à cause de la réverbération de la neige.
Mais ils reviennent vivants.
Leur exploit marque le début d’une nouvelle époque.
Désormais, les montagnes ne sont plus seulement des obstacles.
Elles deviennent des territoires à explorer.
Jacques Balmat continuera toute sa vie à les parcourir.
Il remontera plusieurs fois au sommet du mont Blanc et deviendra guide.
Et même lorsqu’il devient vieux, il ne renonce pas à chercher.
En septembre 1834, à 72 ans, il part dans le massif du Ruan à la recherche d’un hypothétique filon d’or.
Il ne reviendra jamais.
Son corps n’a jamais été retrouvé.
Il existe des hommes qui passent leur vie à regarder les sommets.
Et il existe ceux qui cherchent comment les atteindre.
Aux jeunes Français d’aujourd’hui, Jacques Balmat laisse peut-être cette leçon :
on ne découvre aucun chemin nouveau en restant là où tout le monde est déjà passé.

