KNDS, champion européen des chars d’assaut, va chambouler son actionnariat avec l’entrée au capital de l’Etat allemand et sa mise en Bourse

Détenue à 50-50 par l’Etat français et le groupe familial allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW), l’entreprise se prépare à entrer en Bourse d’ici à quelques semaines, une opération qui permettrait à KMW de se désengager au profit de Berlin qui souhaite devenir actionnaire.

Par Cécile Boutelet (Berlin, correspondance) et Olivier Pinaud

Un véhicule blindé de transport de troupes Boxer (à gauche) et un véhicule de combat d’infanterie Puma, lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de production de Boxer par KNDS, à Munich (Bavière), le 22 avril 2026.
Un véhicule blindé de transport de troupes Boxer (à gauche) et un véhicule de combat d’infanterie Puma, lors de l’inauguration d’une nouvelle ligne de production de Boxer par KNDS, à Munich (Bavière), le 22 avril 2026. MICHAELA STACHE/AFP

Ce pourrait être l’une des plus grosses introductions en Bourse de l’année 2026 en Europe – et l’une des plus politiques. Le fabricant de chars franco-allemand KNDS, rare exemple d’entreprise d’armement européenne réellement transfrontalière, prépare une cotation simultanée à Paris et à Francfort dans les prochaines semaines.

L’industriel, qui sera coté à la fois à Paris et à Francfort, présente l’opération comme un moyen de « soutenir sa stratégie de croissance à long terme », en élargissant son accès aux marchés des capitaux, dans un contexte de forte croissance des budgets européens de la défense. Mais, avant de convaincre les marchés financiers, KNDS doit résoudre une équation plus politique que financière : comment faire entrer en Bourse et valoriser une entreprise dont les deux principaux actionnaires resteront deux Etats aux intérêts industriels parfois divergents ?