Article de J.B.
Guerre en Ukraine : malgré un croiseur russe à 5 milliards de dollars, comment les drones de Kiev ont changé le rapport de force en mer
L’Admiral Nakhimov a été remis en service par la Russie. Wikicommons© Wikicommons
Depuis quelques mois, l’Admiral Nakhimov a repris la mer. Vingt-cinq ans de travaux ont été nécessaires pour remettre ce croiseur russe opérationnel et améliorer sa puissance de frappe.
Mais alors qu’il vient de finir sa première phase d’essai, l’Ukraine a profondément transformé la guerre navale grâce aux drones à bas coûts. De quoi interroger les médias spécialisés sur la pertinence d’un tel investissement.
80 cellules de lancement en plus
Équipé de nouveaux radars et d’une puissance de feu améliorée, le croiseur lance-missiles à propulsion nucléaire a bénéficié d’un lifting en profondeur. Au total, la Russie a investi près de 5 milliards de dollars dans ce chantier, présenté à l’origine comme une simple réparation.
Ce bâtiment, l’un des derniers représentants de sa catégorie, a été équipé de 80 cellules de lancement capables de tirer des missiles de croisière Kalibr, des missiles antinavires Oniks et de missiles hypersoniques Zircon.
Navy News s’interroge sur l’intérêt d’un tel bâtiment, vestige d’une « grandeur passée héritée de la Guerre froide », alors que l’Ukraine a massivement recours aux drones navals. Pour le site ukrainien spécialisé Defense Express, Kiev a déjà démontré sa capacité à bloquer des navires ennemis à l’aide de système sans pilote relativement peu coûteux.
Ainsi, après la perte du croiseur Moskva, l’un de ses plus gros revers matériels depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, l’Admiral Nakhimov pourrait davantage servir à des missions de démonstration et de présence navale, plutôt que se positionner comme un bâtiment déterminant dans la guerre.
Le principal défi pour la marine russe n’est pas l’intégration de technologies avancées, mais la capacité à assurer une maintenance, une réparation et une révision (MRO) efficace pour des navires comme l’Amiral Nakhimov, estimait pour sa part le Dr Nicolas Mazzucchi, chef du pôle stratégie navale et wargaming au Centre d’études stratégiques de la Marine dans une note de réflexion publiée en novembre dernier.