Direction : Ministère des Armées / Publié le : 03 février 2026

La ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, a présenté ses vœux au Val-de-Grâce. Elle a salué l’engagement de nos Armées et du monde combattant, rappelant notamment la nécessité de renforcer le lien Armée-Nation ainsi que la place de la réparation des blessés.

Un lieu chargé d’histoire pour honorer l’engagement

« Je suis très heureuse de vous retrouver ici, au Val-de-Grâce, sous ces voûtes où résonne l’écho de notre histoire », a déclaré Alice Rufo en ouverture. Elle a rappelé que ce site, ancienne abbaye devenue hôpital militaire, incarne « l’intrication des traditions de notre histoire, de l’engagement actuel et de la réflexion sur l’avenir ».

La ministre déléguée a insisté sur le rôle central du Service de santé des armées, qualifié « d’atout stratégique majeur ». Elle a salué son implication auprès des blessés, notamment lors de la tragédie de Crans-Montana, ainsi que son engagement dans l’innovation, citant « un antidote contre la ricine, au croisement de la biosécurité, de la souveraineté, de la recherche privée et de l’action publique ».

Elle est également revenue sur l’héritage de la Première Guerre mondiale, évoquant les « gueules cassées », les blessures invisibles du « choc des obus » et « l’œuvre difficile de réparation » menée depuis plus d’un siècle.

Solidarité internationale et devoir de mémoire

Revenant sur son déplacement en Ukraine, Alice Rufo a rappelé la signature d’un mémorandum d’entente avec son homologue pour « accompagner les blessés, partager nos expériences » et développer une politique mémorielle commune. Elle a remercié le monde combattant français pour sa mobilisation « dès le début de la guerre ».

Pour la ministre, les politiques de mémoire, de réparation et de reconnaissance « ne sont pas simplement un héritage du passé ». Elles portent « un langage de valeurs, de solidarité et de cohésion, un langage de la liberté », en résonance directe avec les enjeux diplomatiques et stratégiques contemporains.

Elle a inscrit son action dans la continuité de la tradition républicaine héritée de Maginot et Clemenceau, rappelant que « c’est en se souvenant des sacrifices que nous savons pourquoi nous travaillons aujourd’hui ».

La mobilisation du monde combattant

Alice Rufo a placé l’engagement associatif au cœur de son action. « Vous vous montrez infiniment volontaires », a-t-elle salué, évoquant leur volonté d’être davantage associés à la vie des forces, au travail auprès de la jeunesse et à la mise en œuvre du nouveau service national.

Elle a mis en avant le rôle du groupe G12, récemment redynamisé, afin d’assurer « un engagement opérationnel et un suivi de ce qu’on se dit ». Cette méthode de travail, a-t-elle assuré, guidera son action.

La ministre salue à cet égard la première promotion de la Médaille de la Défense nationale avec agrafe « Monde combattant », « une reconnaissance tangible de l’engagement au service de la cohésion nationale et du lien Armée-Nation », dont les premières remises ont eu lieu à l’issue de la cérémonie.

Accélérer la réparation et l’accompagnement des blessés

La ministre déléguée a appelé à « poursuivre — et même accélérer — la mise en œuvre du Plan blessés », conformément aux objectifs fixés par le Président de la République. Les priorités concernent notamment l’employabilité, la prise en charge de la blessure psychique et la simplification des démarches.

Elle a salué le travail du Secrétariat général pour l’administration et mis en avant les maisons Athos, qu’elle juge « absolument essentielles » dans la politique de réparation. Citant le témoignage d’un ancien combattant, elle a rappelé : « Nous ne sommes pas d’abord des blessés de guerre, nous sommes des guerriers blessés. »

Alice Rufo a également évoqué la valeur du point de pension militaire d’invalidité et le rôle central de l’Institution nationale des Invalides, « première institution de solidarité nationale » fondée sous Louis XIV.

Culture, jeunesse et lien Armée-Nation

Autre priorité affichée : l’action culturelle du ministère, dans un contexte de « guerre hybride mondialisée. Quand on parle de guerre hybride, il faut aussi tenir compte des récits », a-t-elle souligné.

Elle a rappelé le rôle essentiel des musées, des archives et des lieux de mémoire, ainsi que les mesures prises pour renforcer leur protection. L’objectif est de les ouvrir « à tous les publics », en particulier aux jeunes générations.

La ministre a également mis en avant le Bleuet de France, qui a fêté son centenaire, appelant à « aller encore plus loin » en matière de mobilisation, ainsi que les célébrations à venir des 400 ans de la Marine nationale.