Enseignement : carton plein pour les classes de défense

Article de Jean-Baptiste Leroux

 • 1 j • 

3 min de lecture

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Face à l’instabilité géopolitique, les classes de Défense connaissent une progression remarquable. Wikipedia | Armees.com

Face à l’instabilité géopolitique, les classes de Défense connaissent une progression remarquable. Wikipedia | Armees.com© Armees.com

Alors que les tensions géopolitiques s’intensifient, l’Éducation nationale française mise sur des dispositifs de sensibilisation aux enjeux stratégiques. Parmi eux, les Classes de Défense enregistrent une croissance inédite et s’imposent comme un outil pédagogique structurant. Leur développement rapide soulève autant d’enthousiasme que de débats.

Les classes de Défense bien ancrées dans le paysage scolaire

En dix ans, les Classes de Défense ont connu un essor remarquable, passant de 160 partenariats à 1.200 initiatives annoncées pour la rentrée 2025. Près de 32.000 élèves sont désormais concernés. Cette montée en puissance, mise en lumière par l’étude d’origine publiée par le ministère des Armées, s’inscrit dans une stratégie globale visant à renforcer la culture de Défense au sein de la jeunesse. Cet intérêt renouvelé ne doit rien au hasard. La montée des tensions internationales, l’impact durable de la guerre en Ukraine ou encore la multiplication des cybermenaces ont encouragé les pouvoirs publics à réinvestir le champ de l’éducation citoyenne. L’objectif : permettre aux élèves de mieux comprendre les enjeux stratégiques du monde contemporain et les missions des institutions chargées d’assurer la sécurité nationale.

Les Classes de Défense reposent sur un principe simple : associer un établissement scolaire à une unité militaire — régiment, base aérienne, unité de gendarmerie ou bâtiment de la Marine. Cette collaboration permet à un enseignant volontaire de monter un projet construit sur une année ou plus, mêlant mémoire, citoyenneté et découverte du monde militaire. Les activités menées sont variées : rencontres de professionnels, visites de sites, travaux historiques, modules autour de la cybersécurité ou actions solidaires. Cette approche, intégrée aux programmes d’histoire-géographie, d’enseignement moral et civique ou d’EPS, offre aux élèves l’occasion d’aborder de manière concrète des thématiques souvent abstraites.

Pour de nombreux enseignants, ces projets constituent un levier d’engagement. Ils renforcent la cohésion des classes et facilitent l’apprentissage par le vécu. Les élèves y trouvent un cadre différent, souvent stimulant, qui contribue à développer leur sens civique.

Entre adhésion des jeunes et critiques de certains acteurs

Du côté des personnels, les avis sont globalement positifs. Plusieurs syndicats, comme le Snalc, saluent un dispositif structuré et peu sujet à dérive. Ils rappellent toutefois que son expansion rapide nécessite un suivi rigoureux afin de garantir un réel intérêt pédagogique. L’étude du ministère insiste d’ailleurs sur cette exigence de cohérence avec les objectifs éducatifs inscrits dans le Code de l’éducation depuis 1997.

Les premiers bénéficiaires, les élèves eux-mêmes, expriment un intérêt réel. Beaucoup y voient une manière concrète de comprendre les missions de l’armée et les enjeux géopolitiques. Certains jeunes soulignent la richesse des rencontres et la dimension citoyenne du dispositif, qui renforce selon eux le lien entre nation et forces armées. Cet enthousiasme ne fait cependant pas l’unanimité. Des organisations plus critiques, comme le Snes-FSU, alertent sur ce qu’elles considèrent comme une “militarisation progressive” de l’école. Elles pointent les disparités territoriales et les pressions ressenties dans certaines académies particulièrement engagées dans le programme.

Les débats portent moins sur les projets eux-mêmes que sur leur multiplication rapide. Certains enseignants s’interrogent sur la pertinence d’élargir systématiquement ces partenariats, notamment dans les zones d’éducation prioritaire, où plus de 10% des Classes de Défense sont désormais implantées. L’enjeu principal demeure la capacité à maintenir un équilibre entre sensibilisation citoyenne et neutralité scolaire.

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