Cette semaine, le Secrétariat général pour l’administration [SGA] du ministère des Armées a indiqué, pour s’en féliciter, que l’application d’intelligence artificielle générative GenIAl.intradef venait de passer le cap des 100 000 utilisateurs seulement un an après sa mise en service. Et de préciser que « cette plateforme sécurisée et souveraine enregistre 19 millions de requêtes annuelles », avec un taux de satisfaction global de 84,2 %.
Dans la mesure où elles ont besoin d’énormes volumes de données pour fonctionner, les applications d’intelligence artificielle générative [comme ChatGPT, Grok, Gemini, etc.] sont susceptibles de présenter une menace pour la sécurité nationale. Certaines, comme la chinoise DeepSeek, ont d’ailleurs fait l’objet de restrictions dans plusieurs pays. D’où la nécessité pour le ministère des Armées de disposer d’une solution souveraine et fiable.
L’application GenIAl.intradef propose cinq fonctionnalités, à savoir un « agent conversationnel » pouvant apporter une aide pour rédiger des textes et répondre à des question, un « synthétiseur » pour extraire des informations importantes d’un article, un traducteur, un module pour retranscrire automatiquement des contenus audios et un générateur d’images.
« Le succès de GenIAl tient à l’adaptation régulière de ses modèles, privilégiant les plus performants et compatibles avec ses besoins. L’objectif est que l’agent ne soit pas tenté d’utiliser les outils d’IA disponibles sur Internet », souligne le SGA, qui annonce de nouvelles fonctions pour cette application d’IA, dont un moteur de recherche.
Mais sans doute que les développements à venir de GenIAl.intradef bénéficieront de l’accord-cadre que le ministère des Armées vient de notifier à Mistral AI, la « pépite » française de l’intelligence artificielle générative, avec son application « Le Chat ». Et cela afin de « garantir la souveraineté et l’excellence technologique de la défense française ».
Dans le détail, cet accord, dont la valeur n’a pas été précisée, va permettre aux armées, aux directions et aux services du ministère ainsi qu’à l’Office national d’études et de recherches aérospatiales [ONERA], au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives [CEA] et au Service hydrographique et océanographique de la marine [SHOM], d’accéder aux modèles, logiciels et solutions d’IA développés par Mistral AI, sous le pilotage de l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense [AMIAD].
« Mistral AI […] dispose d’une équipe de recherche et développement parmi les meilleures au monde. Dans un secteur en constante évolution et hautement compétitif, il est crucial que la France conserve son avance technologique », fait valoir le ministère des Armées.
De son côté, le directeur de l’AMIAD, Bertrand Rondepierre, voit dans cet accord une « étape majeure pour renforcer les capacités d’IA générative au sein du ministère ». En outre, poursuit-il « en intégrant les solutions les plus avancées de Mistral AI, nous consolidons notre position et préparons les forces armées aux défis à venir. »
Ayant déjà noué un partenariat avec l’armée luxembourgeoise en juin dernier, Mistral AI, dont la valorisation a récemment atteint 12 milliards d’euros, a souligné l’importance de cet accord-cadre avec le ministère des Armées.
« Nous personnaliserons nos modèles grâce aux données des armées, nous développerons des solutions sur mesure pour les besoins opérationnels et nous déploierons ces applications à l’échelle », détaille l’entreprise, pour qui ce « partenariat stratégique » permettra de renforcer le « leadership de la France dans le domaine de l’IA de Défense, en préparation des défis de demain ».