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Armement terrestre : La nationalisation totale du groupe franco-allemand KNDS se précise

par Laurent Lagneau · 6 novembre 2026

Spécialiste franco-allemand de l’armement terrestre, KNDS est un groupe public et privé dans la mesure où, actuellement, il appartient, à parts égales, à l’État français, via Giat Industries, et à la famille Bode-Wegmann. Cette dernière ayant l’intention de céder ses parts, cette configuration va évoluer.

En juin, Paris et Berlin ont annoncé avoir trouvé un accord sur l’avenir de KNDS. Ainsi, l’État français devait réduire sa participation à 40 % tandis que son homologue allemand s’apprêter à acquérir 40 % des actions détenues par Wegmann & Co, la holding de la famille Bode-Wegmann. Et il était prévu de placer les 20 % sur les marchés financiers, via une introduction en Bourse [IPO] du groupe.

Seulement, les valeurs liées au secteur de l’armement ayant chuté dans le sillage du cours des actions de Rheinmetall, suite à l’annulation par Berlin du programme de frégates F126, il fut décidé de suspendre l’IPO de KNDS et d’attendre de meilleures conditions.

Puis, début octobre, l’agence Bloomberg rapporta que Wegmann & Co avait entamé des discussions avec le fonds d’investissement américain Warburg Pincus, celui-ci ayant l’intention d’acquérir une part «significative» des actions de KNDS devant être mises sur le marché.

Entretemps, citant des sources gouvernementales allemandes, le quotidien économique Handelsblatt avança que Paris et Berlin envisageaient de prendre le «contrôle total» de KNDS, et donc de procéder à une nationalisation. Ce qui fut démenti.

«L’Allemagne reste intéressée par une introduction en bourse rapide et par un investissement fédéral dans KNDS, tout en maintenant le processus convenu en juin», fit valoir le ministère allemand de l’Économie.

Président du conseil d’administration de KNDA, Tom Enders y alla de son couplet. «Il n’y a aucune discussion concernant une nationalisation totale, et il n’y a absolument aucune raison à cela», avait-il réagi auprès de l’agence Reuters, en août dernier. Et d’insister : «L’introduction en Bourse reste une priorité immédiate».

Avec des informations souvent contradictoires émanant de-ci ou de-là, il serait tentant de résumer cette affaire à une partie de «poker menteur». En tout cas, c’est bel et bien le scénario d’une nationalisation totale de KNDS qui se dessine.

Ainsi, selon plusieurs sources concordantes citées par Handelsblatt, Reuters et le journal Les Échos, le gouvernement allemand a trouvé un accord avec Wegmann & Co pour acquérir les parts que cette holding détient dans KNDS.

D’après un document gouvernemental, le prix d’achat sera basé sur la «valeur des fonds propres de KNDS déterminée dans le contexte actuel de valorisation». Dit plus clairement, Berlin aurait ainsi à payer une somme nettement inférieure au montant de 7,2 milliards d’euros qui avait été approuvé en juin pour acquérir seulement 40 % des parts.

La valeur de KNDS était estimée à 20 milliards d’euros à la fin 2025, puis à seulement 12 milliards en juillet.

Pour Berlin, cette nationalisation vise à répondre à trois objectifs : empêcher un tiers d’entrer dans le capital de KNDS, éviter une perte de technologies clefs et contenir l’influence française au sein du groupe.

«Afin de protéger les technologies clefs de l’industrie de l’armement dans le domaine des véhicules blindés, le gouvernement fédéral a donc intérêt à racheter les parts de la famille » Bode-Wegmann, a en effet expliqué un porte-parole du ministère allemand de l’Économie à l’AFP.

Cela étant, le projet d’IPO n’est pas totalement abandonné puisque Berlin a l’intention de réduire sa participation à 40 %, ce qui obligera Paris à en faire autant, pour que cette opération puisse se faire. Mais sous réserve que les conditions le permettent.