Le héros du jour, 5 octobre

Jules Védrines (1881-1919)

Le pilote qui allait chercher des hommes derrière les lignes ennemies

Au début du XXe siècle, piloter un avion est déjà une aventure. Jules Védrines, lui, décide d’aller beaucoup plus loin.

Né en 1881 à Saint-Denis dans un milieu modeste, il devient mécanicien puis l’un des pilotes les plus célèbres de son époque. Il remporte Paris-Madrid en 1911, la coupe Gordon-Bennett en 1912 et multiplie les raids à travers l’Europe et jusqu’au Caire. L’histoire par l’image

Mais lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Védrines met son extraordinaire talent de pilote au service de missions dont on parle alors à peine.

Sa spécialité : franchir les lignes ennemies, trouver un terrain où poser son fragile Morane-Saulnier, déposer un agent de renseignement en territoire occupé puis redécoller avant d’être repéré.

Et parfois, revenir le chercher.

Védrines accomplit sept de ces missions spéciales. Certaines récupérations ont lieu en plein jour. Sa citation militaire souligne son volontariat pour des opérations exigeant un sang-froid et une adresse exceptionnels. Musée Aéronautique Limousin

Imaginez la scène avec les yeux d’un jeune d’aujourd’hui : pas de GPS, pas de satellite, pas de pilote automatique. Une boussole, un avion de toile et de bois, un moteur peu fiable et, en dessous, un territoire ennemi où l’atterrissage peut signifier la capture ou la mort.

En 1919, Védrines réalise encore un exploit spectaculaire : il pose un Caudron G.3 sur le toit des Galeries Lafayette, sur une plateforme de seulement 28 mètres sur 12. Le Musée de l’Air et de l’Espace rappelle que l’appareil ne possède même pas de frein. Musée de l’Air et de l’Espace

Quelques mois plus tard, le 21 avril 1919, il meurt dans un accident aérien alors qu’il tente de rejoindre Rome.

Jules Védrines avait fait de l’audace une manière de vivre. Mais ses missions secrètes montrent quelque chose de plus important que le goût du risque : le courage n’est pas de chercher le danger pour impressionner les autres. C’est d’accepter le danger lorsqu’une mission et d’autres hommes dépendent de vous.

« Le courage, ce n’est pas ne jamais avoir peur. C’est savoir pourquoi on y retourne. »