Les forces terrestres : pilier du service national et moteur de la défense de l’Europe

Direction : Ministère des Armées / Publié le : 02 avril 2026

Le général de corps d’armée Philippe de Montenon a détaillé le rôle des forces terrestres dans la défense de l’Europe lors du point presse du jour à Balard (Paris). Entre engagement sur le flanc Est, exercice ORION 26 et transformation vers la haute intensité, l’armée de Terre accélère. Elle accueillera aussi 1 800 jeunes dans le cadre du service national dès 2026.

Le général de corps d’armée Philippe de Montenon lors du point presse du 2 avril 2026 – © Nicolas Cotto / Défense / DICoD

Au cœur des enjeux de sécurité en Europe, les forces terrestres françaises jouent un rôle central. « Notre crédibilité repose sur une capacité simple à énoncer, mais exigeante à garantir : être prêts à agir vite, efficacement, et toujours aux côtés de nos partenaires », souligne le général de corps d’armée Philippe de Montenon.

Deux commandements pour préparer et engager les forces

Pour répondre à ces exigences, l’armée de Terre s’appuie sur deux niveaux complémentaires. Le commandement de la force et des opérations terrestres, basé à Lille et fort de 80 000 militaires, prépare les unités : il organise leur entraînement, structure les forces et veille à leur montée en puissance. À ses côtés, le Commandement Terre pour l’Europe, créé en 2024, a une autre mission : coordonner leur engagement sur le continent. Il fait le lien avec les alliés et les structures de l’Otan et de l’Union européenne.

Flanc Est : un engagement concret

Cette organisation se traduit directement sur le terrain. La France est engagée sur le flanc Est de l’Otan, notamment en Roumanie, où elle agit comme nation cadre, et en Estonie aux côtés des forces britanniques. « Être nation cadre, c’est être capable de commander une force multinationale de niveau corps d’armée dans un cadre Otan ou européen », rappelle le général. Les forces françaises participent aussi aux dispositifs de renforcement de l’Alliance, avec des unités prêtes à être déployées rapidement en cas de crise.

ORION 26 : se préparer à un conflit majeur

L’exercice ORION 26 marque une étape clé dans la transformation des armées. Interarmées et interallié, il vise à préparer les forces à un engagement de haute intensité. Lors de sa phase finale, les états-majors et les unités seront testés dans un scénario réaliste, proche des conditions d’un conflit majeur en Europe. « Cet exercice nous permet de renforcer notre interopérabilité et de nous préparer à notre rôle clé », souligne le général. L’objectif est d’être capable, d’ici 2030, de déployer un corps d’armée complet.

S’adapter aux nouvelles formes de combat

Face à l’évolution des conflits, les forces terrestres innovent. Drones, robotisation, nouveaux moyens de communication : les unités expérimentent directement sur le terrain. L’enjeu est de s’adapter à un environnement « dronisé, numérisé », inspiré notamment des retours d’expérience en Ukraine.

Le service national, un nouveau rôle pour l’armée de Terre

Au-delà des opérations, les forces terrestres participeront à la mise en place du service national. Elles accueilleront 1 800 jeunes dès 2026. « Nous avons défini des postes et un parcours de formation avec la volonté que cette première année soit une réussite », précise le général. Un engagement qui contribue aussi à renforcer le lien entre les armées et la Nation.