ArianeGroup présente la roquette FLPT-150, développée pour la future capacité de frappe à longue portée de l’armée de Terre

par Laurent Lagneau · 10 mars 2026

En octobre 2023, la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 ayant privilégié une solution souveraine pour le remplacement des Lance-roquettes unitaires [LRM] de l’armée de Terre, la Direction générale de l’armement [DGA] fit savoir qu’elle lancerait un «partenariat d’innovation» afin de sélectionner la meilleure capacité de frappe dans la profondeur parmi celles qui allaient lui être proposées dans le cadre du programme FLPT [Frappe Longue Portée Terrestre]

Par la suite, deux groupements industriels se formèrent pour répondre à cette sollicitation. Ainsi, MBDA noua un partenariat avec Safran tandis que Thales s’associa à ArianeGroup. Et cela avec l’objectif d’être en mesure d’effectuer les premières évaluations de leurs solutions respectives dans la courant du premier semestre 2026.

Le 4 décembre dernier, donc à l’occasion de la Sainte-Barbe, fête des artilleurs, MBDA dévoila le «Thundart», un système d’artillerie de «nouvelle génération» reposant sur une roquette sol-sol d’une portée de 150 km et dotée d’un module de guidage proche de celui mis au point par Safran pour l’Armement Air-Sol Modulaire [AASM]. Cependant, l’industriel n’avait rien dit au sujet de la plateforme censée le lancer.

De leur côté, ArianeGroup et Thales se montrèrent discrets sur leur projet. Du moins était-ce vrai jusqu’à ce 10 mars.

En effet, via les réseaux sociaux X et LinkedIn, ArianeGroup a présenté la roquette FLPT-150, d’une portée de 150 km. Cependant, l’industriel n’a pas livré beaucoup de détails au sujet de cette nouvelle munition, si ce n’est qu’elle sera «résiliente» au brouillage électronique et qu’elle ne sera pas soumise à la réglementation américaine ITAR [International Traffic in Arms Regulations], ce qui favorisera son exportation. Enfin, elle sera mise en œuvre par un «système mobile et évolutif».

«Le premier démonstrateur effectuera son vol inaugural au premier semestre 2026 afin de valider ses performances. Par ses trajectoires et vitesses, une capacité d’artillerie à longue portée de cette catégorie repose sur des technologies proches de celles utilisées dans les systèmes balistiques», a précisé ArianeGroup.

Pour rappel, il revient à Thales de concevoir les éléments de commandement et de contrôle [C2] de ce système ainsi que le système de guidage et de navigation de cette roquette FLPT-150.

Lors de sa dernière audition au Sénat en tant que Délégué général pour l’armement, Emmanuel Chiva avait précisé que chacun des deux groupements industriels retenus pour le programme FLPT allait «devoir faire une démonstration de sa solution en mai 2026». Cependant, avait-il ajouté, «la confiance n’exclut pas le contrôle, ni la créativité».

«Nous avons l’obligation de regarder ailleurs. Pour des raisons évidentes, nous avons écarté l’EuroPULS israélien. Une solution consiste à acheter des HIMARS aux États-Unis mais il est probable que les Américains ne soient pas capables de les produire dans les temps. Nous regardons aussi une solution française : Turgis Gaillard, à l’origine du système FOUDRE, a développé la conduite de tir avec Airbus. Enfin, nous nous intéressons à la solution indienne Pinaka, qui pourrait faire partie des offsets du programme Rafale. À l’horizon 2026, un choix sera fait sur l’option prioritaire retenue», avait expliqué M. Chiva.

Pour l’armée de Terre, les LRU, du moins les neuf qui restent, arrivant au bout de leur potentiel opérationnel, il est impératif de disposer d’une nouvelle capacité de frappe à longue portée [d’au moins 150 km] pour mettre sur pied une division «bonne de guerre» en 2027.