MOT DU PRESIDENT NUMERO 5

Le 27 février 2026
MOT DU PRESIDENT NUMERO 5
Le Service Militaire Volontaire.
L’apparition de ce nouveau projet a suscité bien des commentaires, pas toujours élogieux, pour ne pas dire plus ; je voudrais ici vous faire part de ma réflexion sur ce sujet.
La majorité des gens qui s’expriment sur le sujet reconnaissent le besoin de retrouver le lien entre l’armée et la Nation, l’importance de l’engagement de la jeunesse dans la défense du pays mais tournent plus ou moins en dérision le résultat prévisible de ce nouveau service, compte tenu de la faiblesse des effectifs annuels envisagés, de l’absence de casernements, tous ou presque vendus, de moyens trop faibles et du désintérêt de la jeunesse pour ces sujets.
Tout cela peut être entendu, mais si on se place à la fois sur le besoin de tenue du territoire national en cas de crise ainsi que dans la vision de moyen terme du résultat espéré de ce service, les choses peuvent, et de mon point de vue doivent, être appréciées autrement.
D’abord le besoin : le contrôle du territoire en cas de guerre ou de troubles est à la fois du ressort des forces de maintien de l’ordre et de l’armée, essentiellement de terre. Or, compte tenu de l’effectif actuel de cette dernière et de ses différents engagements, permanents ou/et de temps de guerre, il est illusoire de penser qu’elle puisse assurer le contrôle du pays qui nécessite, tous les acteurs compétents le savent, de très importants effectifs ; il y a donc là un vide important à combler pour assurer ce que l’on appelait autrefois la « Défense opérationnelle du territoire (DOT) », même si la Gendarmerie, par l’importance des réserves qu’elle constitue, contribue et contribuera à cette mission. Mais le compte n’y est pas.
Le Service Volontaire, si on le regarde avec des jumelles et pas avec une loupe, permet de voir les choses avec un peu plus d’optimisme. En effet, les personnels qui effectueront ce service seront versés à son issue dans les réserves, dont le nombre augmentera donc de l’effectif de l’année écoulée et sera constitué de gens ayant volontairement servi la Défense Nationale. Si l’on se projette à 5 ou 6 ans, cela représentera une centaine de milliers de femmes et d’hommes ayant reçu une formation militaire de base, encore jeunes qui, encadrés par les réservistes de l’armée d’active (les gens qui quittent l’active doivent 5 ans dans la réserve), pourraient utilement contribuer à la DOT dont ils doubleraient quasiment les effectifs actuels.
Pour conclure, je trouve ce projet, à faible coût, en mesure, s’il est conduit avec la rigueur et la continuité nécessaires, un bon moyen de renforcer notre défense, sans polémiques inutiles, à condition toutefois de disposer du temps nécessaire.
Pierre-Louis Santos
Président du Cercle Albert Roche