Direction : Ministère des Armées / Publié le : 20 février 2026
Drones : accélérer et massifier les commandes
Le « pacte drones aérien » a été présenté lors du point presse du ministère, le 20 février, par l’ingénieur en chef de 2e classe des études et techniques de l’armement Arnault Maury (Direction générale de l’armement). La livraison aux forces des drones Harmattan AI en est le premier résultat. Ces drones d’exercice sont actuellement utilisés pour Orion 2026.

La guerre en Ukraine a révélé au grand public l’usage massif des drones dans le domaine militaire, et en particulier des drones de contact de moins de 40 kilos. Ils sont à la fois des moyens d’observation et des moyens d’action avec des munitions téléopérées. « La Direction générale de l’armement (DGA) en a pris la mesure et a commencé à doter les armées en conséquence depuis une dizaine d’années », assure l’ingénieur en chef de 2e classe des études et techniques de l’armement Arnault Maury, animateur du pacte drones aériens de défense au sein de la DGA. Si plusieurs centaines de drones étaient déjà produits par an, chaque industriel ne produisait cependant pas plus deux ou trois cents équipements de ce type. « Aujourd’hui, nous devons accélérer les commandes et les massifier, déclare l’ingénieur en chef. Orion 2026 semblait être l’occasion trouvée pour expérimenter la production et l’usage des drones à grande ampleur. Nous avions un an pour nous préparer. » Un enjeu de temps et surtout de coût car le prix d’un drone peut avoisiner entre dix et vingt mille euros. Ce défi a été relevé grâce au « pacte drone aériens » adopté en juin 2024, un dispositif lancé par Sébastien Lecornu alors ministre des Armées et des Anciens combattants.
1 000 drones en moins d’un an
Ce pacte consiste en un forum d’échange entre l’Etat et les industriels de toute taille, de la start-up aux grands groupes. Il permet de croiser les besoins militaires et les capacités industrielles. Plus de 170 sociétés l’ont rejoint aujourd’hui. L’officier explique : « Lors de la session de décembre 2024, nous avons demandé aux industriels s’ils avaient des idées pour nous permettre d’atteindre notre objectif, à savoir, la production de mille drones en moins d’un an et ce, à un prix maîtrisé. » Dès février 2025, une procédure d’acquisition est lancée. « Nous avons imposé, pour des contraintes de sécurité d’approvisionnement, que les cartes électroniques de contrôle des drones, soient fabriqués en Europe », insiste Arnault Maury. C’est le projet de la société française Harmattan AI qui est finalement retenu. La commande est notifiée en juin 2025. Une phase d’approvisionnement et de mise au point du prototype s’ensuit. Bilan : mille micro-drones quadricoptères ont été produits à moins de mille euros chacun. Ils ont été livrés aux forces et seront prochainement utilisés pour l’exercice Orion 26.
Le pacte drone a été un véritable révélateur sur la manière de travailler avec les industriels. Il a déjà été sollicité pour cinq autres projets. « Nous allons continuer de stimuler la demande, mais aussi la production des composants souverains ou européens notamment dans le domaine des munitions téléopérées », conclut l’ingénieur en chef.