Le ministère des Armées a commandé un premier lot de munitions téléopérées à longue portée
par Laurent Lagneau · 23 janvier 2026
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En janvier 2025, le chef d’état-major de l’armée de Terre [CEMAT], le général Pierre Schill, avait estimé nécessaire de compléter les capacités de frappe dans la profondeur reposant sur des lance-roquettes multiples [LRM] par des « effecteurs » à longue portée sans doute moins perfectionnés mais pouvant être acquis en grande quantité.
« L’avenir de la frappe dans la profondeur réside probablement dans des capacités de salves mixtes, combinant effet de saturation par des effecteurs peu chers et rustiques et effet de pénétration par des vecteurs haut de gamme précis et puissants », avait expliqué le CEMAT.
Un an plus tard, et même si le programme FLP-T [Frappe Longue Portée – Terrestre], qui vise à remplacer les actuels Lance-roquettes unitaires [LRU] ne s’est pas encore concrétisé, le vœu du général Schill a été exaucé.
En effet, le 22 janvier, le ministère des Armées a fait savoir que la Direction générale de l’armement [DGA] venait de commander, pour la première fois, un lot de munitions téléopérées [MTO] à longue portée auprès d’un groupement momentané d’entreprises constitué par MBDA et d’Aviation Design.
« Pour cette commande inédite de munitions téléopérées d’une portée supérieure à 500 km, la DGA s’est appuyée sur le Pacte drones aériens de défense, signé le 17 juin 2024, qui permet de faire correspondre les besoins des forces à des capacités industrielles », a souligné le ministère.
De son côté, MBDA a évoqué un « contrat historique pour le développement et la production du « One Way Effector », dévoilé lors du dernier salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, en juin.
Cette solution repose sur un drone de type OWA [One Way Attack, attaque à sens unique] d’une portée de 500 km, développé en partenariat avec Aviation Design. Mais pas seulement car MBDA avait expliqué qu’elle visait à produire cet appareil en très grande quantité, avec l’objectif de trouver un « compromis entre le besoin de masse et de performance, à moindre coût ». Et cela grâce à un « processus de production innovant » garantissant une « fabrication à grande échelle, parfaitement adaptée aux exigences de la guerre moderne ».
Quoi qu’il en soit, fait observer MBDA, « moins d’un an s’est écoulé entre l’annonce du projet, le premier tir d’essai et la signature du premier contrat ». Le lot commandé par la DGA devrait être livré en 2027.
La MTO « One Way Effector » repose sur un drone en forme d’aile volante, propulsé par turboréacteur, ainsi que sur une charge militaire de 40 kg.
Capable de voler à une vitesse de plus de 400 km/h dans un environnement électromagnétique brouillé, elle « permettra de mener des frappes tactiques dans la profondeur, par exemple sur des postes de commandement ou des dispositifs logistiques. […] Elle vise également à épuiser les systèmes de défense aérienne de la partie adverse par des tirs en salve de plusieurs munitions », précise le ministère des Armées.
À noter qu’une autre MTO d’une portée de 500 km a récemment fait l’objet de démonstrations organisées par EOS Technologies au profit des forces françaises. Appelée Rôdeur 330, elle emporte une charge de 4 kg et peut voler pendant 5 heures à une vitesse de croisière de 120 km/h, à 5 000 mètres d’altitude. Avec une seule station, il est possible d’avoir la main sur trente appareils évoluant en essaim.