par Laurent Lagneau · 14 janvier 2026
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Livrée à la Marine nationale en octobre dernier, après avoir été entre les mains des experts du Commissariat au numérique de défense [CND] afin de renforcer ses capacités numériques, la frégate de défense et d’intervention [FDI] « Amiral Ronarc’h » a très vite mis le cap vers Toulon pour éprouver ses différents équipements [capteurs, sonars, radars, etc.] en Méditerranée, mer où elle n’avait jamais encore navigué étant donné que ses essais industriels furent menés dans l’Atlantique.
Ce séjour en Méditerranée a été l’occasion pour son équipage d’effectuer un stage de mise en condition opérationnelle [MECO]. En effet, l’Amiral Ronarc’h a effectué un premier ravitaillement à la mer [RAM] avec le Bâtiment ravitailleur de forces [BRF] Jacques Chevallier et évolué au sein du groupe aéronaval formé autour du porte-avions Charles de Gaulle. La frégate a d’ailleurs pris part à l’exercice Exocet, effectué par ce dernier à la fin novembre [voir photo ci-dessus], avant de retrouver Brest.
Cela étant, avant d’être admise au service actif, la FDI Amiral Ronarc’h doit effectuer un déploiement de longue durée [DLD] afin de valider l’ensemble de ses caractéristiques militaires. Et celui-ci vient de commencer.
« Le déploiement longue durée de l’Amiral Ronarc’h s’étendra sur plusieurs mois à partir du 14 janvier 2026. Partie intégrante du processus d’admission au service actif de la FDI par la Marine nationale, il correspond à la seconde étape de la phase de ‘vérification des capacités militaires’. Il fait suite à la période de mise en condition opérationnelle de l’équipage de l’Amiral Ronarc’h qui s’est terminée début décembre 2025 », a en effet annoncé le ministère des Armées.
Pour ce DLD, l’Amiral Ronarc’h va d’abord mettre le cap sur la mer du Nord. Ce qui n’est pas innocent… car la Suède envisage d’acquérir entre deux et quatre nouvelles frégates. D’ailleurs, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a récemment indiqué que la FDI fera une escale à Göteborg au début de cette année.
Par la suite, l’Amiral Ronarc’h prendra la direction de l’Atlantique Nord, où ses capacités de lutte anti-sous-marine pourraient être mises à l’épreuve au regard de l’activité des sous-marins russes dans cette région. Puis, son DLD se terminera en Méditerranée, avec sans doute des manœuvres avec la FDI HS Kimon, livrée à la marine hellénique par Naval Group le 18 décembre dernier.
Comme l’avance le ministère des Armées, ce DLD doit aussi être l’occasion de « développer l’interopérabilité » de l’Amiral Ronarc’h avec « nos partenaires et alliés » dans les zones traversées. « Cette période en mer, effectuée loin, longtemps et en équipage, permet de mettre à l’épreuve la FDI et ses systèmes, et aux marins de s’approprier davantage ces équipements », a-t-il conclu.
Pour rappel, d’un déplacement de 4 500 tonnes pour une longueur de 122 mètres, la frégate Amiral Ronarc’h est équipée du système de combat SETIS 3.0, du radar multifonction AESA Sea Fire 500, du dispositif optronique Paseo XLR, du sonar de coque KingKlip Mk2, du sonar remorqué CAPTAS-4 et d’une suite de guerre électronique « SENTINEL ». Elle dispose de lanceurs verticaux Sylver A50 pour des missiles surface-air Aster 15 et Aster 30, d’une tourelle de 76 mm, de canons de 20 mm téléopérés, de torpilles MU-90 et de missiles antinavires Exocet.
Photo : FDI Amiral Ronarc’h durant l’exercice Exocet