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Mise à l’eau du septième sous-marin japonais de la classe Taigei

Matthias Espérandieu – 13/10/2026

© MhiCérémonie de baptême et de mise à l’eau du Shōgei.

Le chantier Mitsubishi de Kobe a mis à l’eau, jeudi 8 octobre, le sous-marin Shōgei. C’est le 7ème bâtiment du type Taigei de la Force maritime d’autodéfense japonaise (JMSDF), qui doit compter un total de 10 unités.

Avec une métronomie implacable, le Japon procède à un nouveau lancement de sous-marin d’attaque conventionnel. En l’occurrence, ici, c’est le Shōgei qui a été mis à l’eau au chantier de Kobe de l’industriel nippon Mitsubishi Heavy Industries. Cela fait en effet 7 ans que chaque mois d’octobre voit la mise à l’eau d’un sous-marin de la classe (en l’occurrence les Taigei, Hakugei, Jingei, Raigei, Chōgei, Sōgei et maintenant Shōgei). La navale nippone affiche une réelle maîtrise, que ce soit pour ses sous-marins ou ses frégates de classe Mogami, pour lesquelles les seuls retards sont en réalité en partie imputables à l’importation de lanceurs verticaux de missiles (VLS) MK 41 de fabrication américaine. Pour réussir à tenir les délais dans le domaine de la construction de sous-marins, deux industriels se partagent le marché, Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Kawasaki Heavy Industries (KHI). On notera que si les deux chantiers des deux conglomérats sont en compétition, ils sont tous les deux situés dans la ville de Kobe, ce qui doit largement faciliter le travail des sous-traitants et de toute la supply chain. MHI fabrique les sous-marins en places impaires et KHI ceux en places paires.

Les sous-marins japonais réalisent ensuite des essais avant leur mise en service deux ans plus tard, au mois de mars de chaque année. Cela a commencé en 2022 pour le Taigei. Le Shōgei est donc lui aussi attendu pour le mois de mars, en 2028. Le dernier sous-marin de la classe est prévu pour être mis en service pour mars 2031. Avec un programme qui a déjà dépassé sa mi-vie industrielle, les chantiers se sont lancés dans la réflexion sur le futur de la sous-marinade nippone. Outre le choix potentiel de silos VLS pour des missiles de croisière, la propulsion nucléaire commence à faire son chemin dans les esprits japonais. Cela, alors que le pays hésite à réviser sa Constitution qui lui interdit pour l’instant de développer de telles applications. Mais le Japon, se sentant toujours plus menacé par l’essor de son voisin chinois et par la capacité incertaine des États-Unis à maintenir un rapport de force favorable, pourrait envisager sérieusement de faire bouger ces lignes. Le pays dispose déjà d’une puissante industrie nucléaire civile, qui n’a donc pas encore pu s’exprimer pour des applications de propulsion navale dans le militaire.

Un prédécesseur du Shōgei (SS-519), le Chōgei (SS-517)

Longs de 84 mètres pour un diamètre de 9 mètres et un déplacement de 3000 tonnes en surface, les Taigei sont une évolution des douze sous-marins du type Soryu, qui ont rejoint la JMSDF entre 2009 et 2021. Comme les deux dernières unités de cette série, les nouveaux sous-marins japonais sont notamment équipés de batteries lithium-ion. Ils sont dotés de six tubes de 533 mm permettant de mettre en œuvre des torpilles lourdes et des missiles antinavires.