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Allemagne : le Bundestag approuve la commande de quatre frégates supplémentaires à TKMS

Vincent Groizeleau – 12/10/2026

© TkmsVue des futures F128 allemandes, qui adoptent le modèle MEKO A-200 DEU de TKMS.

La Commission du budget du parlement allemand a approuvé l’acquisition, par le gouvernement, de quatre frégates supplémentaires du type MEKO A-200 DEU, qui vont s’ajouter aux quatre premières unités commandées en juillet dernier au groupe TKMS. 

Le ministère allemand de la Défense est autorisé à porter la série des frégates du type MEKO A-200 DEU à huit unités. Jeudi 8 octobre, la Commission du budget du Bundestag, qui supervise la gestion financière du gouvernement fédéral, a donné son feu vert à l’acquisition de quatre bâtiments supplémentaires, qui s’ajouteront aux quatre premiers dont la commande à TKMS avait été autorisée le 8 juillet dernier pour un montant de 6.3 milliards d’euros. Le coût du second batch est annoncé à 5.3 milliards d’euros, une enveloppe moindre du fait que les coûts de développement sont intégrés au premier marché et que TKMS doit pouvoir obtenir un effet de série et donc des prix plus avantageux grâce aux économies d’échelle. 

L’industriel allemand s’est évidemment félicité de cette annonce : « La décision de la Commission du budget témoigne de la grande confiance qu’elle nous témoigne. Nous avons investi très tôt dans le MEKO A-200 DEU et, avec nos partenaires, jeté les bases d’une production en série rapide. Nous pouvons désormais poursuivre rapidement cette production et ainsi contribuer de manière significative à combler au plus vite le déficit capacitaire qui menace la Marine allemande », a déclaré Oliver Burkhard, président de TKMS.

Allant former la classe F128 au sein de la Bundeswehr, les MEKO A-200 DEU ont été commandées suite à l’abandon du programme des six frégates lourdes du type F126, qui cumulait retards et surcoûts. Il était porté par le groupe néerlandais Damen, qui réclame au gouvernement allemand plusieurs milliards d’euros de dédommagement. 

TKMS confirme l’objectif de livrer la première des huit frégates à la marine allemande fin 2029. Les autres devraient suivre au rythme d’au moins une unité par an, avec sans doute une accélération à partir de la quatrième. Cela dépendra notamment du montage industriel, qui va associer comme c’est habituellement le cas de l’autre côté du Rhin plusieurs chantiers navals. « TKMS compte sur une large participation de l’industrie maritime allemande pour le prochain appel d’offres. Parallèlement, l’entreprise continue d’étudier comment intégrer efficacement les capacités des chantiers navals et des fournisseurs, désormais disponibles suite à la fin du programme F126, et ce, conformément aux exigences contractuelles du client. Le respect scrupuleux des engagements pris auprès du maître d’ouvrage public demeure primordial à cet égard », a indiqué le groupe allemand. 

Pour disposer rapidement de nouveaux bâtiments suite à la décision d’abandonner les F126, le ministère allemand de la Défense a choisi une plateforme éprouvée, le modèle MEKO A-200 de TKMS, déjà vendu à l’Afrique du Sud, à l’Algérie et à l’Égypte. Le premier contrat, signé dès le mois de juillet dernier entre le ministère allemand de la Défense et TKMS, portait sur quatre unités en commande ferme, avec une option pour quatre unités supplémentaires qui va donc être affermie suite au feu vert du Bundestag. « L’approbation de l’option contractuelle et l’extension du programme à huit frégates de classe MEKO A-200 DEU qui en découle jettent les bases d’une production en série durable à long terme dans les chantiers navals allemands. Cette visibilité accrue permet à l’industrie d’adapter ses capacités et ses chaînes d’approvisionnement à la demande à long terme, garantissant ainsi le respect des délais de livraison imposés par la Marine allemande », précise TKMS, qui s’appuie également sur des fournisseurs étrangers pour les équipements des futures frégates. Un contrat a par exemple été signé dès le mois de juillet avec le groupe suédois Saab. Ce dernier fournira le système de direction de combat 9LV, mais aussi un radar de surveillance à panneaux fixes Sea Giraffe 4A, doublé d’un Sea Giraffe 1X. S’y ajoutera une conduite de tir (probablement de la famille CEROS 200) pour l’artillerie principale. Ces équipements doivent être livrés entre 2029 et 2032. 

Les MEKO A-200 sont des plateformes de 121 mètres de long pour 16.4 mètres de large et près de 4000 tonnes à pleine charge, bien moins imposantes donc que les défuntes F126 (166 x 21.7 m, 10.500 tpc) et plus petites que les nouvelles frégates de défense et d’intervention françaises (121.6 x 17.7 m, 4460 tpc). Capables d’atteindre 29 nœuds, les unités allemandes devraient être armées par un équipage de 125 marins, avec la capacité d’héberger une cinquantaine de personnels supplémentaires. Au niveau des capteurs, en dehors des systèmes déjà évoqués, les F128 seront dotées d’un sonar de coque et d’un sonar remorqué, ce dernier étant fourni par Atlas Elektronik. Côté armement, les bâtiments seront dotés d’un système surface-air à lancement vertical (probablement des missiles ESSM), un système surface-air à courte portée RAM, jusqu’à 16 missiles antinavires, une tourelle de 76 mm, des canons de 30 mm et des tubes lance-torpilles. Le hangar pourra accueillir un hélicoptère NH90 et un petit drone aérien à voilure tournante.