Le commandant qui resta à son poste jusqu’au naufrage
Le 4 juillet 1898, au petit matin, le paquebot français La Bourgogne traverse l’Atlantique, de New York vers Le Havre. À son bord, plusieurs centaines de passagers et de membres d’équipage.
Un brouillard épais enveloppe le navire. Vers cinq heures du matin, le voilier britannique Cromartyshire percute violemment le paquebot. La coque est éventrée et plusieurs canots de sauvetage sont détruits.
À la passerelle se trouve Louis Deloncle, 43 ans, marin expérimenté et commandant de La Bourgogne.
Face à la catastrophe, il tente de diriger les opérations de sauvetage et de conduire son bâtiment vers l’île de Sable, où il espère pouvoir l’échouer.
Mais le navire prend l’eau trop rapidement. Les passagers se précipitent sur le pont. Dans la confusion, les possibilités d’évacuation deviennent dramatiquement insuffisantes.
Moins d’une heure après la collision, La Bourgogne disparaît sous les flots. Plus de 500 personnes périssent, parmi lesquelles son commandant, resté à bord.
Le naufrage provoque une immense émotion. La conduite du commandant est saluée dans la presse française, même si des témoignages contradictoires et des interrogations sur la vitesse du paquebot dans le brouillard alimentent également les débats sur les responsabilités de la catastrophe.
Son histoire rappelle que le commandement comporte une responsabilité immense : celle de protéger les vies qui nous sont confiées.
Pour les jeunes générations, Louis Deloncle offre aussi une leçon exigeante : le courage ne dispense jamais de la prudence. Anticiper les dangers, prendre les bonnes décisions et assumer ses responsabilités sont indissociables.
Dans les moments critiques, les actes comptent davantage que les paroles.

