Naval Group a livré des prototypes de «ruches» pour essaims de drones au 1er Régiment d’Infanterie de Marine
par Laurent Lagneau · 13 mai 2026

L’an passé, lors de l’exercice «Hedgehog 25», organisé par l’Otan en Estonie, le 1er Régiment d’Infanterie de Marine [RIMa] se distingua grâce à une innovation opérationnelle : l’Escadron de drones de chasse. Élaborée deux ans plus tôt par quatre de ses officiers, elle consiste à déployer des essaims de drones afin de traquer l’ennemi et de désigner des cibles à détruire, soit par des tirs directs ou indirects, soit en utilisant des munitions téléopérées [MTO].
Plus précisément, un peloton d’acquisition est chargé de collecter des renseignements et de les transmettre, via une liaison satellitaire, à un peloton de commandement. Et il revient ensuite à ce dernier de décider d’engager ou non les cibles désignées en sollicitant un peloton «drones de contact».
«Discret et mobile», cet escadron «désorganise l’adversaire en provoquant la surprise, à un coût maîtrisé et en s’intégrant dans la manœuvre tactique», avait expliqué le 1er RIMa, à l’époque.
Depuis, sous l’égide du Commandement du combat futur [CCF] de l’armée de Terre, ce concept a mûri. Et, encore récemment, cet escadron de drones de chasse a encore démontré toute son efficacité [et donc sa pertinence], lors de manœuvres organisées au Centre d’entraînement au combat [CENTAC], avec des unités de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne [BIM].
«Avec un peloton dédié à l’acquisition et à la surveillance, des pelotons de drones de contact capables de déployer des essaims, et un peloton de munitions téléopérées pour traiter des objectifs à haute valeur, l’ensemble forme une chaîne complète et cohérente. Le tout est coordonné sous une même autorité tactique, permettant une synchronisation rapide et une véritable logique de boucle courte», a résumé le général Bruno Baratz, le commandant du CCF, via le réseau social LinkedIn.
Et d’ajouter : « Je retiens […] la capacité de cet escadron à massifier les effets tout en conservant une grande discrétion. Un seul opérateur peut aujourd’hui mettre en œuvre plusieurs drones simultanément, appuyé par des briques technologiques comme l’intelligence artificielle pour la détection et l’identification, le pilotage assisté ou encore le guidage terminal autonome. Cela change profondément notre rapport au temps et à l’espace sur le champ de bataille».
Aussi, d’ici l’été prochain, cinq autres régiments de l’armée de Terre vont chacun se doter d’une «unité de drones de combat» [UDC], sur le modèle de cet escadron du 1er RIMa. «Ce travail est le fruit d’une réflexion solide, nourrie par l’analyse des conflits récents et par une dynamique de codéveloppement étroite avec les industriels. Il témoigne de notre capacité à innover, à expérimenter et à transformer rapidement des idées en capacités concrètes», a commenté le général Baratz.
Justement, s’agissant des liens avec les industriels, Naval Group a fait savoir, le 12 mai, qu’il venait de mettre à la disposition du 1er RIMa douze prototypes de son dispositif «Swarmbox», développé dans le cadre d’un projet de «ruche pour essaims» de drones.
«Embarquées dans un porteur, les Swarmbox permettent de stocker, transporter et déployer en quelques instants une série de petits drones au plus près de la zone d’action», explique Naval Group. Les premiers prototypes ont été testés sur un drone naval de surface [USV], en l’occurrence le Seaquest S.
«Fin mars, nous avons mis à disposition du 1er RIMa les huit derniers des douze prototypes commandés fin 2025», a ajouté l’industriel.
Cette collaboration avec ce régiment permettra de «tester la robustesse des choix techniques et intégrer de nouveaux vecteurs afin de réaliser une montée en maturité des Swarmbox», a-t-il conclu, sans donner plus de détails.